Vous avez parfois envie de pleurer, de crier ou simplement de dire ce que vous pensez… mais quelque chose vous en empêche ? Vous gardez votre calme en apparence, vous dites que tout va bien, vous évitez les conflits et vous continuez votre journée comme si de rien n’était. Pourtant, à l’intérieur, vous sentez parfois une tension difficile à expliquer.
Peut-être avez-vous même pris l’habitude de fonctionner comme cela depuis des années.
Vous êtes celui qui reste raisonnable. Celui qui ne se plaint pas. Celui qui relativise. Celui qui préfère garder certaines choses pour lui plutôt que de créer des problèmes.
Et pourtant, il arrive un moment où vous vous demandez : « Est-ce que je retiens trop mes émotions ? »
Cette question est loin d’être anodine.
Une émotion réprimée n’est pas forcément une émotion dont vous avez parfaitement conscience et que vous refusez volontairement d’exprimer. Il peut s’agir d’une réaction émotionnelle que vous avez appris à mettre de côté tellement souvent que vous ne remarquez même plus que vous le faites.
Vous pouvez alors avoir du mal à identifier votre colère, minimiser votre tristesse, cacher votre peur ou ignorer vos besoins. Et plus vous prenez l’habitude de fonctionner ainsi, plus il peut devenir difficile de savoir ce qui se passe réellement à l’intérieur de vous.
Alors, comment savoir si vous retenez vos émotions ? Quels sont les signes qui peuvent vous mettre sur la piste ? Pourquoi certaines personnes ont-elles autant de difficultés à exprimer ce qu’elles ressentent ? Et surtout, comment apprendre progressivement à ne plus tout garder à l’intérieur ?
Nous allons répondre à toutes ces questions dans cet article.
Qu’est-ce qu’une émotion réprimée ?
Une émotion réprimée est une émotion que vous ne laissez pas pleinement s’exprimer ou que vous cherchez à repousser parce qu’elle vous semble inconfortable, inappropriée, dangereuse ou difficile à gérer.
Mais il faut faire une distinction importante entre réguler une émotion et réprimer une émotion.
Réguler une émotion signifie que vous la reconnaissez tout en choisissant la manière dont vous allez y répondre.
Par exemple, quelqu’un vous met en colère. Vous sentez que vous êtes énervé, mais vous décidez de ne pas répondre immédiatement. Vous prenez le temps de vous calmer et vous revenez ensuite discuter du problème.
Vous avez ressenti votre colère.
Vous ne l’avez simplement pas laissée décider à votre place.
La répression est différente.
Vous êtes en colère, mais vous vous dites immédiatement : « Je n’ai pas le droit d’être en colère. »
Vous faites semblant que tout va bien.
Vous souriez.
Vous changez de sujet.
Vous vous persuadez que ce n’est pas important.
Et vous continuez votre journée.
Le problème peut alors être moins l’émotion elle-même que votre relation avec elle.
Vous avez peut-être appris que certaines émotions étaient acceptables et que d’autres ne l’étaient pas.
La tristesse pouvait être considérée comme une faiblesse.
La colère comme quelque chose de mauvais.
La peur comme quelque chose qu’il ne fallait surtout pas montrer.
La frustration comme une réaction excessive.
La vulnérabilité comme un danger.
Avec le temps, vous pouvez donc apprendre à retenir automatiquement ce que vous ressentez.
Pourquoi retenons-nous nos émotions ?
La plupart des personnes ne décident pas consciemment un matin : « À partir d’aujourd’hui, je vais réprimer toutes mes émotions. »
Ce fonctionnement se met généralement en place progressivement.
Il peut être influencé par l’éducation, l’environnement familial, les expériences personnelles, les relations, la culture ou certaines périodes particulièrement difficiles.
Imaginez un enfant qui pleure et à qui l’on répète régulièrement :
« Arrête de pleurer. »
Ou un enfant qui exprime sa colère et reçoit immédiatement une réaction très négative.
Ou encore un enfant qui comprend qu’il doit être sage, ne pas déranger et répondre aux besoins des autres.
Il peut finir par apprendre une règle implicite :
« Pour être accepté, je dois contrôler ce que je ressens. »
Cette stratégie peut être particulièrement efficace à court terme.
Elle permet d’éviter les conflits.
Elle permet de rester fonctionnel.
Elle permet de continuer à avancer malgré une situation difficile.
Mais ce qui était autrefois une stratégie d’adaptation peut devenir problématique lorsqu’elle reste active en permanence à l’âge adulte.
Comment savoir si vous retenez vos émotions ?
Il n’existe pas un seul signe permettant de déterminer avec certitude que vous réprimez vos émotions.
En revanche, certains comportements et certaines réactions peuvent vous donner des indices.
Et le premier est souvent beaucoup plus banal qu’on ne l’imagine.
1. Vous dites souvent « ça va » alors que ce n’est pas vraiment le cas
Quelqu’un vous demande comment vous allez.
Votre réponse arrive immédiatement :
« Ça va. »
Vous ne réfléchissez même pas.
Cette réponse est devenue automatique.
Pourtant, vous êtes stressé, triste, frustré ou épuisé.
Vous ne voulez simplement pas en parler.
Vous ne voulez pas déranger.
Vous ne voulez pas vous plaindre.
Vous ne voulez pas avoir à expliquer ce que vous ressentez.
Ou peut-être ne savez-vous tout simplement pas comment l’expliquer.
Si vous avez tendance à minimiser systématiquement votre état émotionnel, cela peut être un signe que vous avez pris l’habitude de mettre vos émotions de côté.
Une question simple peut vous aider :
« Si je n’avais aucune peur du jugement de l’autre, est-ce que je répondrais réellement que ça va ? »
Votre réponse peut être intéressante.
2. Vous avez du mal à dire quand quelque chose vous dérange
Vous n’aimez pas quelque chose ?
Vous vous taisez.
Quelqu’un vous a blessé ?
Vous dites que ce n’est pas grave.
Vous n’êtes pas d’accord ?
Vous préférez laisser passer.
Vous avez besoin d’aide ?
Vous n’osez pas demander.
Ce comportement peut donner l’image d’une personne particulièrement calme et accommodante.
Mais il peut également cacher une difficulté à exprimer ses besoins et ses émotions.
À force de tout accepter, vous pouvez accumuler de la frustration sans jamais réellement l’exprimer.
Et un jour, une petite situation peut provoquer une réaction beaucoup plus forte que prévu.
Vous vous demandez alors pourquoi vous avez autant réagi.
Mais votre réaction ne vient peut-être pas uniquement de cet événement.
Elle peut être le résultat de nombreuses frustrations accumulées.
3. Vous évitez presque systématiquement les conflits
Les conflits ne sont agréables pour personne.
Mais certaines personnes ressentent une véritable anxiété à l’idée de devoir affronter quelqu’un.
Elles préfèrent accepter une situation injuste plutôt que de dire ce qu’elles pensent.
Elles s’excusent rapidement.
Elles cherchent à calmer les autres.
Elles ont peur de décevoir.
Elles craignent qu’un désaccord provoque une rupture.
Cette tendance peut être liée à une peur du rejet ou de l’abandon.
Elle peut aussi provenir d’expériences passées dans lesquelles exprimer ses émotions n’était pas considéré comme sûr.
Vous pouvez alors avoir appris à associer l’expression émotionnelle au danger.
Votre cerveau peut donc chercher à éviter tout ce qui pourrait provoquer une confrontation.
4. Vous avez l’impression de devoir toujours rester fort
Vous êtes celui sur qui les autres peuvent compter.
Vous gérez les problèmes.
Vous aidez les autres.
Vous trouvez des solutions.
Vous continuez même lorsque vous êtes épuisé.
Mais lorsqu’il s’agit de vous, vous avez beaucoup plus de difficultés à reconnaître que vous avez besoin de soutien.
Vous pensez peut-être :
« Je dois être fort. »
« Je n’ai pas le droit de craquer. »
« Il y a des gens qui ont des problèmes bien plus graves. »
« Je vais gérer ça tout seul. »
Le problème est qu’être fort ne signifie pas nécessairement ne rien ressentir.
Vous pouvez être une personne très solide tout en reconnaissant votre tristesse, votre peur ou votre colère.
Accepter une émotion ne signifie pas perdre le contrôle.
Au contraire, reconnaître ce qui se passe en vous peut vous permettre de mieux choisir votre réaction.
5. Vous êtes très souvent irritable
Voici un signe qui peut surprendre.
Vous ne pensez peut-être pas être quelqu’un qui réprime ses émotions.
Pourtant, vous êtes régulièrement irritable.
Tout vous agace.
Les gens vous énervent.
Les petits problèmes deviennent difficiles à supporter.
Vous avez parfois des réactions très fortes pour des choses relativement insignifiantes.
L’irritabilité peut avoir de nombreuses causes : stress, fatigue, manque de sommeil, anxiété, surcharge mentale ou difficultés personnelles.
Mais elle peut aussi apparaître lorsque beaucoup d’émotions sont accumulées sans être réellement reconnues.
Vous pensez être simplement énervé par cette petite chose.
En réalité, vous êtes peut-être déjà chargé émotionnellement avant même que l’événement ne se produise.
6. Vous avez parfois des explosions émotionnelles
Vous gardez tout pour vous.
Pendant plusieurs jours, vous ne dites rien.
Vous encaissez.
Vous relativisez.
Vous continuez.
Puis, soudainement, vous craquez.
Vous pleurez.
Vous criez.
Vous vous mettez très en colère.
Vous avez envie de tout envoyer promener.
Après coup, vous pouvez même vous sentir coupable de votre réaction.
Ce phénomène peut parfois correspondre à une accumulation émotionnelle.
Lorsque vous ne donnez jamais d’espace à vos émotions, la pression peut progressivement augmenter.
Le déclencheur final peut alors sembler insignifiant, mais il arrive simplement après une longue série de frustrations non exprimées.
Il peut donc être utile d’apprendre à reconnaître les signaux émotionnels plus tôt, plutôt que d’attendre le point de rupture.
7. Vous avez du mal à pleurer
Vous êtes triste, mais les larmes ne viennent pas.
Vous savez que vous traversez quelque chose de difficile, mais vous restez bloqué.
Vous pouvez même ressentir une gêne lorsque vous voyez quelqu’un pleurer.
Cette difficulté n’est pas forcément problématique en elle-même.
Tout le monde n’exprime pas sa tristesse de la même façon.
Mais lorsqu’elle s’accompagne d’une difficulté générale à ressentir ou à exprimer vos émotions, elle peut mériter d’être explorée.
Parfois, vous avez appris tellement longtemps à retenir vos larmes que pleurer vous semble presque interdit.
Vous pouvez ressentir la tristesse, mais votre premier réflexe consiste à la repousser.
Vous vous occupez.
Vous changez de sujet.
Vous cherchez une solution.
Vous faites quelque chose pour ne pas ressentir.
8. Vous avez du mal à savoir ce que vous ressentez
C’est l’un des signes les plus révélateurs.
Quelqu’un vous demande :
« Qu’est-ce que tu ressens ? »
Et vous ne savez pas quoi répondre.
Vous pouvez décrire les faits avec précision.
Vous savez ce qui s’est passé.
Vous savez ce que l’autre personne a dit.
Vous savez ce que vous avez fait.
Mais lorsqu’il faut identifier votre émotion, vous êtes bloqué.
Est-ce de la colère ?
De la peur ?
De la tristesse ?
De la honte ?
De la déception ?
De la frustration ?
Vous ne savez pas.
Cette difficulté peut apparaître lorsque vous avez passé beaucoup de temps à ne pas écouter votre monde intérieur.
Il est difficile de reconnaître précisément un signal que l’on a appris à ignorer.
9. Vous êtes constamment occupé
Vous avez toujours quelque chose à faire.
Vous remplissez votre emploi du temps.
Vous travaillez beaucoup.
Vous regardez des vidéos.
Vous faites du sport.
Vous consultez votre téléphone.
Vous lancez constamment de nouveaux projets.
Et lorsque vous avez enfin un moment de calme, vous ressentez une certaine agitation intérieure.
Vous avez besoin de faire quelque chose.
Pourquoi ?
Parce que le silence peut laisser de la place aux émotions.
Certaines personnes ne fuient pas leurs émotions en les combattant.
Elles les fuient en restant constamment occupées.
L’activité devient alors une manière de ne jamais s’arrêter suffisamment longtemps pour entendre ce qui se passe à l’intérieur.
Si vous avez besoin d’être constamment stimulé et que les moments de calme vous mettent mal à l’aise, cela peut être une piste intéressante.
10. Vous intellectualisez constamment vos émotions
Vous êtes très doué pour analyser.
Vous pouvez expliquer pourquoi vous êtes triste.
Vous pouvez comprendre pourquoi une personne a agi comme elle l’a fait.
Vous pouvez analyser votre enfance, vos relations et votre comportement.
Mais vous avez énormément de difficultés à simplement ressentir ce qui est présent.
Vous transformez immédiatement l’émotion en problème à résoudre.
Au lieu de dire :
« Je suis blessé. »
Vous pensez :
« Pourquoi cette personne a-t-elle fait cela ? »
Au lieu de reconnaître votre tristesse, vous cherchez immédiatement une explication logique.
L’analyse peut être très utile.
Mais elle peut aussi devenir une manière subtile d’éviter le ressenti.
Comprendre intellectuellement une émotion et l’accueillir émotionnellement sont deux choses différentes.
11. Vous minimisez souvent ce qui vous fait souffrir
Vous avez été blessé ?
« Ce n’est pas grave. »
Vous êtes épuisé ?
« Ça va passer. »
Quelqu’un vous a manqué de respect ?
« Il ne faut pas en faire toute une histoire. »
Vous êtes triste ?
« Il y a pire dans la vie. »
Cette tendance à relativiser peut être une qualité dans certaines situations.
Mais lorsqu’elle vous empêche systématiquement de reconnaître votre souffrance, elle peut devenir problématique.
Le fait que quelqu’un vive une situation plus difficile que vous ne rend pas votre propre émotion illégitime.
Vous avez le droit d’être affecté par quelque chose même si cette chose semble insignifiante aux yeux d’une autre personne.
12. Vous avez peur de déranger lorsque vous exprimez vos besoins
Vous avez besoin de repos, mais vous continuez.
Vous avez besoin d’aide, mais vous ne demandez rien.
Vous êtes blessé, mais vous gardez le silence.
Vous aimeriez que votre partenaire fasse davantage attention à vous, mais vous n’osez pas le dire.
Vous pouvez avoir l’impression que vos besoins sont toujours moins importants que ceux des autres.
Cette tendance peut être liée à une faible estime de soi, à des expériences passées ou à des habitudes relationnelles.
Elle peut également entretenir la répression émotionnelle.
Car si vous ne vous autorisez pas à reconnaître vos besoins, vous aurez naturellement tendance à ignorer les émotions qui vous indiquent qu’un besoin n’est pas satisfait.
13. Vous ressentez de la culpabilité lorsque vous vous mettez en priorité
Vous prenez une journée pour vous et vous vous sentez coupable.
Vous dites non à quelqu’un et vous vous demandez immédiatement si vous avez été égoïste.
Vous refusez de rendre un service parce que vous êtes épuisé et vous passez ensuite plusieurs heures à vous en vouloir.
Cette culpabilité peut être particulièrement forte chez les personnes qui ont appris à satisfaire les besoins des autres avant les leurs.
Mais prendre soin de vous ne signifie pas abandonner les autres.
Apprendre à reconnaître vos limites fait également partie d’une relation saine avec vos émotions.
14. Vous avez du mal à dire non
Dire non peut être extrêmement difficile lorsque vous craignez de décevoir quelqu’un.
Vous acceptez une invitation alors que vous voulez rester seul.
Vous acceptez une tâche supplémentaire alors que votre agenda est déjà rempli.
Vous rendez service alors que vous êtes épuisé.
Vous dites oui pour éviter un malaise immédiat.
Mais l’émotion que vous ressentez ensuite peut être de la frustration, de la colère ou du ressentiment.
Le problème n’est pas nécessairement votre gentillesse.
Il peut être votre difficulté à exprimer vos limites.
Apprendre à dire non progressivement peut donc réduire une importante source de tension émotionnelle.
15. Vous ressentez parfois un vide émotionnel
Retenir ses émotions ne conduit pas toujours à ressentir trop.
Paradoxalement, certaines personnes finissent par ressentir moins.
Elles ont l’impression d’être déconnectées.
Elles savent qu’elles devraient être heureuses, mais ne ressentent pas réellement de joie.
Elles savent qu’un événement est triste, mais restent étrangement indifférentes.
Elles fonctionnent normalement, mais ont l’impression d’être en pilote automatique.
Cette sensation peut avoir différentes causes et ne doit pas automatiquement être interprétée comme la conséquence d’émotions réprimées.
Lorsqu’elle est persistante ou associée à une souffrance importante, il est préférable d’en parler avec un professionnel.
16. Certaines situations déclenchent des réactions très fortes
Vous recevez une remarque et vous êtes bouleversé pendant des heures.
Quelqu’un vous critique et vous avez l’impression d’être complètement remis en question.
Une personne prend ses distances et vous ressentez une peur intense.
Un désaccord vous donne immédiatement envie de fuir.
Ces réactions peuvent parfois être liées à des déclencheurs émotionnels.
Une situation actuelle peut réveiller une émotion associée à une expérience antérieure.
Vous ne réagissez alors pas uniquement à ce qui se passe maintenant.
Votre réaction peut également être influencée par ce que cette situation représente pour vous.
Par exemple, une simple critique peut être vécue comme une confirmation d’une croyance profondément ancrée :
« Je ne suis pas assez bien. »
Une distance momentanée peut être interprétée comme :
« On va m’abandonner. »
Un conflit peut devenir :
« Je ne suis plus en sécurité. »
Comprendre ces associations peut aider à mieux distinguer le présent du passé.
17. Vous avez tendance à accumuler puis à exploser
Voici un schéma très fréquent.
Vous retenez.
Puis vous retenez encore.
Vous vous dites que ce n’est pas important.
Vous ne dites rien.
Vous recommencez.
Puis arrive un moment où vous n’en pouvez plus.
Votre émotion sort brutalement.
Après quoi vous regrettez votre réaction et vous recommencez à tout retenir.
Cela crée un véritable cercle vicieux :
émotion → répression → accumulation → surcharge → explosion → culpabilité → nouvelle répression.
Si vous vous reconnaissez dans ce fonctionnement, l’objectif n’est pas de supprimer vos émotions.
Il consiste plutôt à apprendre à les reconnaître beaucoup plus tôt.
Comment savoir quelle émotion vous retenez ?
Une question particulièrement utile consiste à observer ce qui vous énerve, vous attriste ou vous inquiète de manière répétitive.
La colère est-elle votre émotion la plus fréquente ?
Ou est-ce plutôt la peur ?
La tristesse ?
La honte ?
La culpabilité ?
La frustration ?
Vous pouvez également observer ce que vous faites immédiatement après l’apparition d’une émotion.
Est-ce que vous changez de sujet ?
Est-ce que vous prenez votre téléphone ?
Est-ce que vous vous mettez au travail ?
Est-ce que vous cherchez immédiatement une solution ?
Est-ce que vous appelez quelqu’un pour ne pas rester seul avec vos pensées ?
Est-ce que vous vous dites que ce n’est rien ?
Ces réactions peuvent vous montrer comment vous gérez vos émotions.
Une petite expérience pour observer vos émotions
La prochaine fois que vous ressentez un malaise émotionnel, essayez de ne rien résoudre immédiatement.
Prenez simplement quelques minutes.
Posez-vous quatre questions :
1. Qu’est-ce qui vient de se passer ?
2. Qu’est-ce que je ressens ?
3. Qu’est-ce que j’ai envie de faire immédiatement ?
4. De quoi aurais-je réellement besoin ?
La dernière question est particulièrement intéressante.
Vous pouvez être en colère parce que vous avez besoin de respect.
Triste parce que vous avez besoin de réconfort.
Anxieux parce que vous avez besoin de sécurité.
Frustré parce que vous avez besoin que vos limites soient respectées.
Se reconnecter progressivement à ses besoins peut donc permettre de mieux comprendre ses émotions.
Comment arrêter progressivement de retenir ses émotions ?
Il n’est généralement pas nécessaire de tout changer du jour au lendemain.
Vous pouvez commencer très simplement.
Première étape : reconnaître.
Au lieu de dire immédiatement « ça va », essayez de reconnaître honnêtement votre état intérieur, au moins pour vous-même.
Deuxième étape : nommer.
Essayez de mettre un mot sur votre émotion.
« Je suis frustré. »
« Je suis triste. »
« J’ai peur. »
« Je suis déçu. »
Troisième étape : accepter.
Accepter une émotion ne signifie pas approuver ce qui l’a provoquée.
Vous pouvez être en colère sans agir de manière agressive.
Vous pouvez avoir peur sans laisser cette peur décider de votre vie.
Quatrième étape : exprimer de manière adaptée.
Parler à une personne de confiance, écrire, poser une limite ou simplement prendre un moment pour vous peut constituer une manière saine de laisser davantage de place à ce que vous ressentez.
Cinquième étape : comprendre les déclencheurs.
Lorsque certaines réactions se répètent, essayez d’identifier ce qui les provoque.
Vous pourrez alors commencer à distinguer ce qui appartient à la situation actuelle de ce qui pourrait être lié à des expériences plus anciennes.
Faut-il forcément « libérer » toutes ses émotions ?
Pas nécessairement.
Cette idée est importante.
Vous n’avez pas besoin de ressentir chaque émotion de manière maximale ni de l’exprimer immédiatement pour être émotionnellement équilibré.
Une bonne gestion émotionnelle ne consiste pas à se laisser emporter par tout ce que l’on ressent.
Elle consiste plutôt à pouvoir reconnaître une émotion, comprendre ce qu’elle indique et choisir une réponse adaptée.
La colère peut vous informer qu’une limite a été franchie.
Mais cela ne signifie pas que vous devez crier.
La tristesse peut vous signaler une perte.
Mais cela ne signifie pas que vous devez vous isoler.
La peur peut vous signaler un danger réel ou perçu.
Mais cela ne signifie pas que vous devez éviter systématiquement la situation.
L’objectif est donc moins de « vider » toutes vos émotions que de développer une relation plus consciente avec elles.
Quand les émotions réprimées deviennent-elles préoccupantes ?
Retenir occasionnellement une émotion est normal.
Nous ne pouvons pas exprimer tout ce que nous ressentons à chaque instant.
En revanche, il peut être utile de demander de l’aide lorsque vos difficultés émotionnelles deviennent persistantes et perturbent votre quotidien.
Par exemple, si vous avez régulièrement des crises émotionnelles, si vous êtes constamment anxieux, si vous vous sentez profondément déconnecté de vous-même, si vos relations sont fortement affectées ou si votre souffrance devient difficile à supporter, un accompagnement professionnel peut être particulièrement utile.
Un psychologue ou un autre professionnel qualifié peut vous aider à comprendre vos mécanismes émotionnels et à développer des stratégies adaptées.
Il est également important de ne pas attribuer automatiquement tous les symptômes physiques à des émotions réprimées. Une douleur, une fatigue importante, des troubles digestifs, des troubles du sommeil ou tout autre symptôme persistant peuvent avoir des causes multiples et méritent, si nécessaire, une évaluation médicale.
Émotion réprimée : ce qu’il faut retenir
Vous pouvez retenir vos émotions sans même vous en rendre compte.
Vous avez peut-être appris à être fort, à ne pas vous plaindre, à éviter les conflits, à faire plaisir aux autres ou à toujours garder le contrôle.
Ces stratégies peuvent vous avoir aidé à certaines périodes de votre vie.
Mais elles peuvent devenir épuisantes lorsqu’elles vous empêchent constamment d’écouter ce qui se passe à l’intérieur de vous.
Parmi les signes qui peuvent indiquer que vous avez tendance à réprimer vos émotions, on retrouve notamment :
- dire systématiquement que tout va bien ;
- avoir du mal à exprimer ce qui vous dérange ;
- éviter les conflits à tout prix ;
- penser que vous devez toujours rester fort ;
- être régulièrement irritable ;
- avoir des explosions émotionnelles après de longues périodes de retenue ;
- avoir du mal à pleurer ;
- ne pas savoir précisément ce que vous ressentez ;
- être constamment occupé pour éviter de penser ;
- intellectualiser vos émotions plutôt que de les ressentir ;
- minimiser votre propre souffrance ;
- avoir peur de déranger lorsque vous exprimez vos besoins ;
- ressentir de la culpabilité lorsque vous pensez à vous ;
- avoir du mal à dire non ;
- ressentir parfois un vide émotionnel ;
- réagir très fortement à certains déclencheurs ;
- et accumuler vos émotions jusqu’au moment où vous finissez par craquer.
Mais reconnaître ces signes ne signifie pas qu’il faut immédiatement chercher une explication dans votre passé.
La meilleure première étape consiste souvent à observer votre fonctionnement actuel.
Qu’est-ce qui vous met en colère ?
Qu’est-ce qui vous fait peur ?
Qu’est-ce que vous n’osez jamais dire ?
Quelles émotions avez-vous appris à considérer comme « mauvaises » ou « inutiles » ?
Et surtout, qu’est-ce que vous faites systématiquement lorsque vous commencez à ressentir quelque chose d’inconfortable ?
Vous fuyez ?
Vous vous occupez ?
Vous rationalisez ?
Vous dites que ce n’est rien ?
Vous cherchez à faire plaisir aux autres ?
Vous vous mettez en colère ?
Ou vous vous déconnectez complètement de ce que vous ressentez ?
Ces réponses peuvent vous donner de précieuses informations.
Et peut-être que le véritable objectif n’est finalement pas de ne plus avoir d’émotions.
C’est de ne plus avoir besoin de les fuir.
Une émotion n’est pas forcément un problème à éliminer. Elle peut être un message à écouter.
Plus vous apprenez à reconnaître ce message, plus vous pouvez progressivement passer d’une réaction automatique à une réponse consciente.
Et c’est souvent à partir de ce moment que votre relation avec vos émotions commence réellement à changer.
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