Douleur malgré une IRM normale : pourquoi peut-elle quand même être présente ? Vous avez passé une IRM, attendu les résultats avec l’espoir d’obtenir enfin une explication, puis votre médecin vous annonce que l’examen est normal ou ne montre rien qui puisse expliquer l’intensité de vos symptômes. Pourtant, vous avez toujours mal. Parfois même, la douleur est très forte, quotidienne et suffisamment importante pour perturber votre sommeil, votre travail, vos déplacements ou votre vie sociale.
Cette situation peut être particulièrement déconcertante. Si l’IRM ne montre aucune anomalie importante, pourquoi la douleur est-elle toujours là ? Est-ce qu’un problème a été oublié ? Est-ce que l’IRM peut passer à côté de quelque chose ? Est-ce que la douleur vient des nerfs ? Du cerveau ? Du stress ? Et surtout, comment est-il possible d’avoir réellement mal alors qu’une IRM est normale ?
La réponse commence par une distinction essentielle : une IRM normale ne signifie pas que vous ne ressentez rien et ne signifie pas non plus que toutes les causes possibles de douleur ont été exclues. Une IRM est un outil extrêmement utile pour visualiser certaines structures du corps, mais elle ne mesure pas directement la douleur et ne montre pas tous les mécanismes susceptibles de l’entretenir.
Dans certaines douleurs persistantes, le problème peut notamment concerner la manière dont le système nerveux traite les informations provenant du corps. Une hypersensibilité du système de la douleur, certains mécanismes nociplastiques, une ancienne blessure devenue douloureuse après sa guérison, un sommeil perturbé ou encore certains facteurs de stress peuvent contribuer à maintenir les symptômes.
Dans cet article, nous allons voir en détail pourquoi une douleur peut être présente malgré une IRM normale, ce que signifie réellement un résultat rassurant, pourquoi douleur et lésion ne sont pas toujours proportionnelles et quelles pistes peuvent être envisagées lorsque l’imagerie ne fournit pas l’explication attendue.
Une IRM normale ne signifie pas « vous n’avez pas mal »
C’est probablement la première chose à retenir.
Lorsque vous recevez un résultat d’IRM normal, il est facile de penser :
« Si l’image est normale, alors ma douleur ne devrait pas exister. »
Mais une IRM ne fonctionne pas comme un détecteur de douleur.
Elle permet d’obtenir des images détaillées de certaines structures anatomiques. Selon la région étudiée et la technique utilisée, elle peut notamment montrer des informations concernant les os, les muscles, les tendons, certains ligaments, les articulations, les disques ou d’autres tissus.
Mais elle ne peut pas afficher directement :
- l’intensité de votre douleur ;
- votre sensibilité au toucher ;
- votre niveau de fatigue ;
- la qualité de votre sommeil ;
- votre peur du mouvement ;
- votre niveau d’hypervigilance ;
- la manière dont votre cerveau interprète les sensations corporelles ;
- tous les changements fonctionnels du système nerveux impliqués dans la douleur chronique.
L’IRM montre donc certaines caractéristiques anatomiques, mais elle ne raconte pas toute l’histoire de votre douleur.
Un résultat normal signifie principalement qu’aucune anomalie significative recherchée n’a été identifiée par cet examen.
Pourquoi une IRM peut-elle être normale alors que la douleur est intense ?
La douleur est une expérience complexe.
Elle n’est pas simplement produite par une lésion puis transmise passivement au cerveau comme un message électrique.
Le système nerveux reçoit en permanence des informations provenant de différentes parties du corps. Ces informations sont ensuite traitées et modulées avant de participer à l’expérience douloureuse.
Le cerveau joue un rôle essentiel dans ce processus.
Il ne se contente pas de recevoir des informations. Il les interprète en fonction du contexte et de nombreux paramètres.
Il peut notamment tenir compte de ce que vous avez vécu auparavant, de votre niveau de vigilance, de votre fatigue, de votre sommeil et de la menace potentielle associée à une sensation.
Dans certaines situations, le système de protection peut devenir plus sensible.
Une stimulation qui aurait été facilement tolérée auparavant peut alors provoquer une douleur importante.
La douleur peut donc augmenter sans qu’une nouvelle lésion apparaisse sur l’IRM.
Douleur et lésion : pourquoi ces deux notions ne sont-elles pas identiques ?
Nous avons naturellement tendance à considérer la douleur comme une mesure de l’état des tissus.
Plus on a mal, plus les tissus seraient endommagés.
Mais cette relation n’est pas aussi simple.
Une personne peut présenter une anomalie visible à l’imagerie sans ressentir de douleur importante.
À l’inverse, une autre personne peut ressentir une douleur très forte alors que l’imagerie ne montre aucune lésion significative permettant de l’expliquer.
Cette observation est particulièrement importante dans les douleurs chroniques.
Imaginez que la douleur soit une alarme.
Son rôle est de vous protéger contre une menace.
Lorsque vous vous brûlez, l’alarme est extrêmement utile : elle vous pousse à retirer immédiatement votre main.
Mais une alarme peut aussi devenir trop sensible.
Elle peut se déclencher alors que le danger est faible ou même disparu.
Dans certaines douleurs persistantes, le système nerveux peut fonctionner de manière comparable.
La douleur reste réelle, mais elle ne reflète plus nécessairement la présence d’un dommage important dans les tissus.
Une ancienne blessure peut-elle continuer à faire mal après une IRM normale ?
Oui.
Imaginez que vous vous blessiez au dos.
La douleur commence après un effort ou un mouvement précis.
Vous réduisez vos activités et laissez le temps aux tissus de récupérer.
Quelques semaines ou quelques mois plus tard, la blessure semble guérie.
Pourtant, la douleur persiste.
Vous passez une IRM et celle-ci ne montre rien qui explique l’intensité des symptômes.
Cette situation peut donner l’impression que quelque chose est forcément caché.
Pourtant, une autre possibilité existe : le système nerveux peut rester sensibilisé après la résolution du problème initial.
Pendant la période de blessure, votre organisme a reçu de nombreux signaux associés à une menace.
Le système de protection a été fortement sollicité.
Chez certaines personnes, cette sensibilité peut persister plus longtemps que la lésion elle-même.
La douleur peut donc continuer alors que les tissus ont déjà récupéré de manière importante.
Qu’est-ce que la sensibilisation centrale ?
La sensibilisation centrale est un mécanisme étudié dans différentes formes de douleur chronique.
Elle correspond à des modifications de la réactivité du système nerveux central qui peuvent augmenter la sensibilité à certaines informations sensorielles.
Pour le comprendre simplement, imaginez une alarme de maison.
Au départ, elle est réglée pour détecter une véritable intrusion.
Mais si elle devient trop sensible, elle peut se déclencher pour un simple mouvement, un courant d’air ou une vibration.
Dans certaines douleurs persistantes, le système de protection peut devenir lui aussi plus réactif.
Des stimulations ordinaires peuvent alors provoquer des sensations douloureuses ou amplifier une douleur existante.
Vous pouvez avoir mal lorsque vous bougez normalement.
Un contact léger peut devenir désagréable.
Une activité physique modérée peut provoquer une poussée.
Une mauvaise nuit peut rendre tout votre corps plus sensible.
Ce phénomène peut contribuer à expliquer pourquoi une personne souffre alors que son IRM reste rassurante.
Qu’est-ce que la douleur nociplastique ?
La douleur nociplastique est également importante pour comprendre certaines douleurs persistantes avec une imagerie peu explicative.
Elle désigne une douleur associée à une modification du traitement des informations nociceptives, lorsqu’une lésion tissulaire ou une atteinte nerveuse clairement identifiable ne suffit pas à expliquer les symptômes.
Elle peut être localisée ou généralisée.
Elle peut être accompagnée d’une hypersensibilité à certaines stimulations.
Elle peut également fluctuer fortement.
Le terme nociplastique peut sembler complexe, mais son idée centrale est relativement simple :
le système de traitement de la douleur peut lui-même contribuer à maintenir une douleur, même lorsque l’imagerie ne montre pas de lésion expliquant suffisamment les symptômes.
Il est important de préciser que nociplastique ne signifie pas « imaginaire ».
Il s’agit d’un mécanisme biologique de douleur.
Pourquoi ai-je mal partout malgré une IRM normale ?
Une IRM normale porte généralement sur une région particulière du corps.
Mais certaines personnes ressentent des douleurs dans de nombreuses zones : dos, épaules, cou, bras, jambes, hanches ou pieds.
Cette situation peut être particulièrement inquiétante.
Vous pouvez avoir l’impression que quelque chose se propage progressivement dans votre organisme.
Pourtant, une douleur généralisée ne signifie pas nécessairement que chaque zone douloureuse possède sa propre lésion.
Dans certaines douleurs chroniques, le système de traitement de la douleur peut devenir plus sensible de manière générale.
Le cerveau et le système nerveux peuvent alors produire une réponse douloureuse plus facilement en réponse à différentes stimulations.
Une douleur diffuse peut donc parfois refléter une modification du traitement de la douleur plutôt qu’une accumulation de lésions.
Pourquoi la douleur peut-elle se déplacer d’une partie du corps à une autre ?
Vous pouvez ressentir une douleur dans le cou pendant plusieurs jours, puis constater qu’elle diminue tandis qu’une douleur apparaît dans les épaules ou les jambes.
Cette évolution peut sembler incompréhensible.
Pourtant, les douleurs chroniques peuvent être très variables.
Le niveau de fatigue, le sommeil, l’activité physique, le stress et l’attention portée aux symptômes peuvent influencer leur intensité et leur localisation.
Une douleur qui change de place ne signifie donc pas automatiquement que plusieurs maladies apparaissent successivement.
La variabilité peut parfois être une caractéristique du système de douleur lui-même.
Pourquoi une IRM normale peut-elle être une bonne nouvelle ?
Il est compréhensible d’être frustré lorsque l’IRM ne fournit pas l’explication que vous espériez.
Mais un résultat rassurant peut aussi être une information importante.
Selon le contexte, il peut rendre certaines lésions structurelles importantes moins probables.
Cela peut permettre d’élargir la réflexion.
Au lieu de chercher uniquement une structure endommagée, votre médecin peut envisager d’autres mécanismes.
La question peut alors progressivement passer de :
« Qu’est-ce qui est cassé ? »
à :
« Qu’est-ce qui entretient aujourd’hui ma douleur ? »
Cette évolution est particulièrement importante dans les douleurs chroniques.
Pourquoi le stress peut-il augmenter la douleur même si l’IRM est normale ?
Le stress est parfois présenté comme une explication qui minimise la souffrance.
Pourtant, son influence sur la douleur est profondément biologique.
Lorsque vous êtes stressé, votre organisme modifie son niveau de vigilance.
Vous pouvez devenir plus attentif aux sensations corporelles.
Vous remarquez davantage chaque tiraillement, chaque tension ou chaque douleur.
Si vous êtes déjà inquiet concernant votre santé, cette surveillance peut devenir particulièrement importante.
Une sensation banale peut alors déclencher une série de questions :
« Pourquoi est-ce que j’ai mal ici ? Est-ce une nouvelle lésion ? Est-ce que mon état s’aggrave ? »
Cette inquiétude peut augmenter la vigilance et contribuer à amplifier la perception de la douleur.
Le stress ne rend donc pas la douleur imaginaire : il peut modifier le fonctionnement du système qui la traite.
Pourquoi le sommeil joue-t-il un rôle dans la douleur ?
Une mauvaise nuit peut parfois transformer une douleur modérée en douleur beaucoup plus difficile à supporter.
Lorsque le sommeil est insuffisant ou non réparateur, la sensibilité à la douleur peut augmenter.
La fatigue réduit également votre capacité à faire face aux symptômes.
Vous avez moins d’énergie.
Vous bougez moins.
Vous êtes plus facilement irritable.
Vous prêtez davantage attention à votre corps.
La douleur semble alors plus présente.
Un cercle peut se créer :
douleur → mauvais sommeil → hypersensibilité → fatigue → davantage de douleur.
Prendre en compte le sommeil ne signifie donc pas que votre douleur est causée par le sommeil. Cela signifie qu’il constitue un facteur susceptible d’influencer l’intensité des symptômes.
Pourquoi la douleur peut-elle être forte sans inflammation ?
L’inflammation est souvent associée à la douleur, mais les deux notions ne sont pas synonymes.
Une inflammation peut provoquer des douleurs.
Mais une douleur peut exister sans inflammation importante.
Certaines douleurs sont liées à une atteinte nerveuse.
D’autres sont liées à des mécanismes mécaniques.
Certaines peuvent persister après la guérison d’une blessure.
D’autres encore peuvent être associées à des mécanismes nociplastiques.
Par conséquent, des analyses inflammatoires normales ne signifient pas que votre douleur est irréelle.
Absence d’inflammation et absence de douleur sont deux choses complètement différentes.
Pourquoi une IRM ne montre-t-elle pas toujours la cause de la douleur ?
Une IRM est un outil d’imagerie.
Elle fournit des informations anatomiques très précieuses, mais elle ne permet pas d’observer directement tous les processus impliqués dans la douleur.
Par exemple, elle ne peut pas simplement afficher :
« Le système nerveux est actuellement trop sensible. »
Elle ne peut pas non plus mesurer directement la peur du mouvement ou l’impact d’une mauvaise nuit sur votre perception douloureuse.
C’est pourquoi une approche exclusivement basée sur l’imagerie peut être insuffisante pour comprendre certaines douleurs chroniques.
La clinique, les symptômes et leur évolution restent essentiels pour comprendre ce que vous ressentez.
Est-ce que la douleur est « dans le cerveau » ?
Oui, dans le sens où le cerveau participe à la production de l’expérience douloureuse.
Mais cela ne veut absolument pas dire que la douleur est imaginaire.
Le cerveau fait partie du corps.
Le système nerveux fait partie du corps.
Les modifications de leur fonctionnement sont des phénomènes biologiques.
Dire que le cerveau joue un rôle dans la douleur est donc une manière scientifique de décrire son fonctionnement, pas une façon de nier les symptômes.
Une douleur produite ou amplifiée par le système nerveux est toujours une douleur réelle.
Pourquoi ai-je plus mal certains jours alors que mon IRM ne change pas ?
C’est une question très fréquente.
Vous pouvez avoir une journée relativement bonne, puis vous réveiller le lendemain avec beaucoup plus de douleurs.
Pourtant, votre corps n’a pas forcément subi un changement structurel majeur pendant la nuit.
La douleur peut fluctuer en fonction de nombreux facteurs :
- la qualité du sommeil ;
- la fatigue accumulée ;
- le niveau d’activité ;
- le stress ;
- la tension musculaire ;
- l’attention portée aux symptômes ;
- les habitudes quotidiennes ;
- la peur du mouvement ;
- le contexte émotionnel.
L’intensité de la douleur n’est donc pas obligatoirement proportionnelle à une modification visible sur l’IRM.
Pourquoi la peur du mouvement peut-elle entretenir la douleur ?
Après plusieurs semaines ou plusieurs mois de douleur, il est normal de perdre confiance dans son corps.
Vous pouvez commencer à penser que certains mouvements sont dangereux.
Vous évitez alors de vous pencher, de porter quelque chose, de marcher longtemps ou de faire du sport.
Le problème est que l’évitement prolongé peut contribuer au déconditionnement.
Votre corps s’habitue à faire moins.
Les mouvements deviennent moins familiers.
Votre confiance diminue encore.
Une activité normale peut alors provoquer davantage de symptômes.
Vous pensez :
« Je savais bien que j’étais fragile. »
Et vous évitez encore plus.
Lorsque cela est approprié médicalement, une exposition progressive aux mouvements peut permettre de rompre ce cercle.
L’objectif n’est pas de forcer à travers une douleur importante, mais de reconstruire progressivement la capacité et la confiance.
Que faire lorsque l’IRM est normale mais que la douleur persiste ?
1. Ne pas remettre automatiquement en question la réalité de votre douleur
Vous avez réellement mal.
Un résultat d’imagerie ne change pas cette expérience.
Il est important de ne pas transformer un examen rassurant en jugement sur votre souffrance.
2. Vérifier avec votre médecin ce que l’IRM permet réellement d’exclure
Une IRM ne répond pas à toutes les questions. Demandez à votre médecin ce que l’examen montre, ce qu’il ne montre pas et quelles hypothèses restent pertinentes.
3. Observer les facteurs qui modifient la douleur
Notez pendant quelques jours ou semaines les liens éventuels entre douleur, sommeil, fatigue, activité et stress.
Vous pouvez ainsi mieux comprendre les fluctuations.
4. Éviter l’immobilité prolongée lorsque cela n’est pas nécessaire
Si votre situation médicale le permet, essayez de maintenir une activité adaptée plutôt que de rester complètement inactif par peur d’aggraver votre douleur.
5. Reprendre progressivement les activités
Une progression lente et réaliste peut être préférable à une alternance entre repos total et effort excessif.
6. Prendre le sommeil au sérieux
Améliorer la régularité et la qualité du sommeil peut contribuer à réduire la sensibilité globale à la douleur chez certaines personnes.
7. Apprendre à distinguer douleur et danger
Une douleur peut être réelle sans signifier automatiquement qu’un tissu est en train de se détériorer.
Cette distinction peut être particulièrement importante dans certaines douleurs chroniques.
Faut-il refaire une IRM si la douleur persiste ?
Pas nécessairement.
La décision dépend de l’évolution des symptômes, de l’examen clinique et du contexte médical.
Une nouvelle imagerie peut être pertinente si de nouveaux signes apparaissent ou si la situation évolue d’une manière qui justifie une investigation supplémentaire.
Mais refaire systématiquement des examens sans changement clinique important n’est pas toujours utile.
Dans certaines douleurs chroniques, la répétition des examens peut également entretenir l’idée que chaque douleur est forcément le signe d’un dommage structurel.
La bonne question n’est donc pas simplement « Puis-je refaire une IRM ? », mais « Y a-t-il aujourd’hui une raison médicale justifiant une nouvelle imagerie ? »
Quand faut-il consulter à nouveau malgré une IRM normale ?
Une IRM normale est rassurante dans le cadre de ce qu’elle a permis d’évaluer, mais elle ne signifie pas qu’il faut ignorer toute évolution.
Une nouvelle consultation est importante si votre douleur devient brutalement beaucoup plus intense, change de nature ou s’accompagne de nouveaux symptômes.
Une faiblesse inhabituelle, une perte de sensibilité nouvelle, des troubles neurologiques, une fièvre persistante, une perte de poids inexpliquée, une altération importante de l’état général ou d’autres signes inhabituels peuvent nécessiter une réévaluation médicale.
Il faut toujours interpréter un résultat d’IRM dans le contexte de l’évolution de vos symptômes.
Peut-on avoir une douleur chronique sans lésion visible ?
Oui.
C’est même l’une des difficultés majeures de certaines douleurs chroniques.
Une personne peut ressentir des douleurs pendant des mois ou des années sans qu’une lésion structurelle unique explique suffisamment les symptômes.
Dans certaines situations, les mécanismes impliqués peuvent notamment comprendre une sensibilisation du système nerveux ou des mécanismes nociplastiques.
La fibromyalgie constitue un exemple de situation dans laquelle les douleurs peuvent être importantes et généralisées alors que les examens classiques ne montrent pas une lésion unique permettant d’expliquer l’ensemble des symptômes.
Encore une fois, cela ne signifie pas que toute douleur avec une IRM normale correspond à une fibromyalgie ou à une douleur nociplastique.
Il faut éviter de transformer un mécanisme possible en diagnostic automatique.
Pourquoi chercher uniquement une lésion peut devenir un piège ?
Lorsque vous avez mal, il est naturel de vouloir trouver « quelque chose » sur une image.
Une lésion visible donne une explication concrète.
Elle permet de mettre un nom sur le problème.
Mais si plusieurs examens sont normaux, vous pouvez vous retrouver dans une recherche interminable.
Vous consultez un spécialiste.
Puis un autre.
Vous faites une nouvelle IRM.
Vous recherchez vos symptômes sur Internet.
Vous surveillez constamment votre corps.
Chaque sensation devient suspecte.
Cette hypervigilance peut parfois contribuer à maintenir une sensibilité élevée.
À un certain moment, il peut donc être utile de changer de perspective.
Au lieu de rechercher uniquement :
« Quelle structure est endommagée ? »
il peut être intéressant d’explorer :
« Pourquoi mon système de protection continue-t-il à produire autant de douleur ? »
FAQ : douleur malgré une IRM normale
Pourquoi ai-je mal alors que mon IRM est normale ?
Une IRM normale signifie qu’aucune anomalie significative recherchée n’a été identifiée par cet examen. Elle ne mesure pas directement la douleur et ne montre pas tous les mécanismes susceptibles de la maintenir, notamment certains mécanismes du système nerveux.
Une IRM normale signifie-t-elle que ma douleur est imaginaire ?
Non. Une douleur peut être parfaitement réelle malgré une imagerie rassurante. La douleur est une expérience biologique complexe qui implique notamment le système nerveux et le cerveau.
Est-il possible d’avoir très mal sans lésion visible ?
Oui. Certaines douleurs chroniques peuvent être associées à une hypersensibilité du système nerveux ou à des mécanismes nociplastiques qui ne se présentent pas nécessairement comme une lésion visible sur une IRM.
Pourquoi ai-je mal partout avec une IRM normale ?
Une douleur généralisée peut avoir différentes causes. Dans certaines situations, une augmentation globale de la sensibilité du système de la douleur peut contribuer aux symptômes. Une évaluation médicale reste nécessaire pour déterminer les causes possibles.
La sensibilisation centrale peut-elle expliquer une douleur importante ?
Elle peut contribuer à certaines douleurs persistantes. Elle correspond à des modifications de la réactivité du système nerveux central pouvant augmenter la sensibilité à certaines stimulations.
La douleur nociplastique est-elle une douleur réelle ?
Oui. La douleur nociplastique décrit un mécanisme particulier de douleur. Le terme ne signifie pas que les symptômes sont imaginaires.
Pourquoi la douleur augmente-t-elle lorsque je dors mal ?
Le manque de sommeil ou un sommeil non réparateur peuvent augmenter la sensibilité à la douleur et réduire la capacité à gérer les symptômes. Le sommeil constitue donc un facteur important dans certaines douleurs chroniques.
Est-ce que le stress peut aggraver une douleur malgré une IRM normale ?
Oui. Le stress peut influencer la vigilance, le sommeil, la tension musculaire et la modulation de la douleur. Il peut donc amplifier une douleur réelle sans que cela signifie qu’elle est psychologique.
Faut-il refaire une IRM si j’ai toujours mal ?
Pas systématiquement. La nécessité d’une nouvelle imagerie dépend de l’évolution des symptômes, de l’examen clinique et du contexte. Une nouvelle évaluation est particulièrement importante si des symptômes nouveaux ou préoccupants apparaissent.
Peut-on aller mieux lorsque l’IRM est normale ?
Oui. Une IRM normale ne signifie pas qu’aucune prise en charge n’est possible. Selon les mécanismes impliqués, une stratégie globale peut notamment inclure une activité progressive, une amélioration du sommeil, une éducation à la douleur et un accompagnement médical adapté.
Conclusion : pourquoi ai-je mal malgré une IRM normale ?
Une douleur malgré une IRM normale n’est pas une contradiction.
L’IRM est un outil remarquable pour visualiser certaines structures du corps, mais elle ne mesure pas directement la douleur et ne permet pas d’observer tous les mécanismes impliqués dans les douleurs chroniques.
Vous pouvez donc avoir une douleur réelle, parfois intense, alors que votre imagerie est rassurante.
La douleur peut persister après la guérison d’une blessure. Le système nerveux peut devenir plus sensible. Certains mécanismes nociplastiques peuvent participer à l’entretien des symptômes. Le sommeil, la fatigue, le stress, l’hypervigilance et la peur du mouvement peuvent également modifier la façon dont votre système de douleur fonctionne.
Le plus important est de ne pas confondre « aucune lésion visible » avec « aucune douleur réelle ».
Ces deux affirmations sont très différentes.
Une IRM normale peut être une information rassurante, mais elle ne constitue pas une explication complète de tout ce que vous ressentez.
Si les investigations médicales appropriées n’ont pas révélé de problème inquiétant, il peut alors être utile d’élargir la réflexion.
Au lieu de chercher uniquement ce qui est endommagé, vous pouvez également chercher à comprendre ce qui entretient aujourd’hui la douleur.
Cette perspective peut notamment conduire à s’intéresser au fonctionnement du système nerveux, au sommeil, à l’activité physique, à la peur du mouvement et à l’hypervigilance.
Elle ne consiste pas à nier la douleur.
Elle consiste au contraire à reconnaître qu’une douleur peut être parfaitement réelle sans être le reflet exact d’un dommage structurel visible.
Vous pouvez avoir mal sans que votre corps soit nécessairement en train de se détériorer.
Vous pouvez avoir une poussée douloureuse sans avoir créé une nouvelle blessure.
Vous pouvez avoir une IRM normale et pourtant ressentir des symptômes très importants.
Et surtout, un examen normal ne signifie pas que vous êtes condamné à rester douloureux.
Une fois les causes médicales pertinentes correctement évaluées, comprendre les mécanismes de la douleur peut constituer une étape importante pour reprendre progressivement confiance dans votre corps et retrouver davantage de liberté dans votre quotidien.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un diagnostic, un examen clinique ou un avis médical personnalisé. Une douleur nouvelle, très intense, persistante, qui s’aggrave ou qui s’accompagne de symptômes inhabituels doit faire l’objet d’une évaluation médicale adaptée.
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