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Vaincre la Douleur

Apprenez à vaincre la douleur chronique une bonne fois pour toutes

Douleur psychosomatique : peut-on avoir réellement mal sans lésion ?

octobre 8, 2026 by Sylvain Freedom Laisser un commentaire

Douleur psychosomatique : peut-on avoir réellement mal sans lésion ? Lorsqu’une douleur apparaît sans qu’aucune lésion évidente ne soit retrouvée, une question revient souvent : « Si les examens sont normaux, est-ce que ma douleur est vraiment réelle ? »

Cette question peut être profondément déstabilisante. Une personne peut ressentir des douleurs quotidiennes, des brûlures, des tensions, des sensations électriques, des élancements ou une douleur diffuse, tout en recevant des résultats médicaux rassurants. Et lorsque quelqu’un lui suggère que « c’est peut-être psychosomatique », elle peut avoir l’impression qu’on lui dit que tout est « dans sa tête ».

Pourtant, cette interprétation est largement trop simpliste.

Oui, une douleur peut être parfaitement réelle même lorsqu’aucune lésion expliquant son intensité n’est identifiée. La douleur n’est pas simplement un signal envoyé par un tissu endommagé. C’est une expérience produite par le système nerveux à partir de nombreuses informations provenant du corps, du cerveau et de l’environnement.

Le stress, les émotions, le manque de sommeil, l’attention portée aux sensations corporelles, les expériences douloureuses antérieures et le sentiment de menace peuvent influencer profondément cette expérience. Cela ne signifie pas que la personne invente sa douleur. Cela signifie que le cerveau et le système nerveux participent activement à la construction de l’expérience douloureuse.

Dans cet article, nous allons donc examiner ce que signifie réellement le terme « douleur psychosomatique », pourquoi une douleur peut exister sans lésion visible, comment le stress peut amplifier les symptômes, quelle différence existe entre douleur psychosomatique et douleur imaginaire, et pourquoi comprendre ces mécanismes peut constituer une étape importante vers une meilleure prise en charge.

Qu’est-ce qu’une douleur psychosomatique ?

Le terme psychosomatique associe deux dimensions : le psychisme et le corps.

Il désigne l’idée que les facteurs psychologiques peuvent influencer les manifestations physiques et réciproquement. Dans le contexte de la douleur, cela signifie que les émotions, le stress, les pensées, les expériences passées et l’état général du système nerveux peuvent modifier la façon dont une sensation corporelle est perçue.

Mais attention : psychosomatique ne veut pas dire imaginaire.

Une personne qui souffre d’une douleur influencée par des facteurs psychologiques ne simule pas nécessairement ses symptômes. Elle peut ressentir une douleur physique intense, mesurable par son comportement et ayant de véritables conséquences sur son sommeil, sa mobilité, son humeur et sa qualité de vie.

Le problème vient souvent du mot lui-même. Dans le langage courant, « psychosomatique » est parfois utilisé comme synonyme de « c’est dans votre tête ». Cette formulation est trompeuse.

Le cerveau fait partie du corps. Le système nerveux fait partie du corps. Les émotions ont des conséquences physiologiques. La frontière entre « physique » et « psychologique » est donc beaucoup moins nette qu’on pourrait le croire.

Peut-on réellement avoir mal sans lésion ?

Oui.

C’est probablement l’un des concepts les plus importants à comprendre lorsqu’on souffre de douleurs persistantes.

La présence d’une lésion et la présence d’une douleur ne sont pas deux phénomènes qui évoluent toujours ensemble.

Une petite blessure peut provoquer une douleur très importante chez une personne, tandis qu’une autre peut présenter une anomalie anatomique importante avec relativement peu de symptômes.

On peut également ressentir une douleur après la guérison d’une blessure.

Pourquoi ? Parce que la douleur n’est pas simplement une caméra qui enregistrerait fidèlement les dommages présents dans les tissus.

Elle constitue plutôt un système de protection.

Le cerveau utilise les informations disponibles pour déterminer si une menace nécessite une réponse douloureuse.

Cette réponse peut être extrêmement utile lorsqu’un tissu est réellement en danger. Mais dans certaines circonstances, les mécanismes de protection peuvent rester actifs ou devenir excessivement sensibles alors que la menace initiale a diminué ou disparu.

La douleur est-elle toujours proportionnelle à la lésion ?

Non.

Cette idée est essentielle pour comprendre les douleurs chroniques.

Imaginez que vous vous coupiez légèrement le doigt. La blessure est minime, mais si vous plongez immédiatement votre doigt dans de l’eau très froide ou si vous touchez accidentellement la plaie, la douleur peut être étonnamment forte.

À l’inverse, certaines blessures importantes peuvent initialement être peu douloureuses, notamment lorsque l’organisme est fortement stimulé par l’adrénaline ou lorsque l’attention est concentrée ailleurs.

La douleur dépend donc de nombreux facteurs.

Parmi eux :

  • l’état des tissus ;
  • l’activité du système nerveux ;
  • le contexte dans lequel survient la sensation ;
  • le niveau de stress ;
  • la qualité du sommeil ;
  • l’attention portée au corps ;
  • les expériences douloureuses précédentes ;
  • les croyances concernant la douleur ;
  • le sentiment de sécurité ou de menace.

La douleur ne peut donc pas être considérée comme un simple thermomètre des dommages corporels.

Pourquoi une douleur peut-elle exister alors que les examens sont normaux ?

Une radiographie, une IRM, un scanner ou une analyse biologique peuvent fournir des informations extrêmement importantes.

Mais aucun examen ne permet de mesurer l’intégralité de l’expérience douloureuse.

Une imagerie médicale observe principalement certaines caractéristiques anatomiques. Elle ne montre pas nécessairement comment le cerveau traite chaque signal sensoriel ni comment l’ensemble du système nerveux répond à une sensation.

Par conséquent, un examen normal ne signifie pas automatiquement que la personne n’a rien.

Il signifie simplement qu’aucune anomalie identifiable par cet examen n’a été mise en évidence.

C’est une nuance fondamentale.

Une personne peut donc présenter une douleur authentique tout en ayant des examens structurels rassurants.

Le cerveau « invente-t-il » la douleur ?

Non.

Cette formulation est particulièrement malheureuse.

Le cerveau ne « fabrique » pas volontairement une douleur inexistante pour tromper la personne.

Il interprète continuellement les informations provenant de l’organisme.

Lorsque le système nerveux détecte ou anticipe une menace, il peut produire une expérience douloureuse destinée à protéger l’organisme.

Cette expérience peut être influencée par des informations sensorielles réelles, mais également par le contexte et les attentes.

La douleur est donc une expérience réelle produite par le système nerveux.

Dire que le cerveau participe à la douleur ne revient pas à dire que la douleur est imaginaire.

Quel rôle joue le stress dans la douleur psychosomatique ?

Le stress est l’un des facteurs les plus importants à considérer.

Lorsqu’une personne se sent menacée, son organisme peut entrer dans un état de vigilance accrue.

Le système nerveux autonome modifie alors différents paramètres physiologiques : rythme cardiaque, respiration, tension musculaire, attention et nombreuses autres fonctions.

Cette activation est parfaitement normale à court terme.

Elle permet de faire face à une situation exigeante.

Mais lorsque le stress devient chronique, le système nerveux peut rester dans un état d’alerte prolongé.

Chez une personne déjà douloureuse, cela peut contribuer à augmenter la sensibilité aux sensations corporelles.

Une douleur qui était auparavant modérée peut devenir plus difficile à tolérer.

Une sensation qui passait inaperçue peut soudainement attirer toute l’attention.

Le stress ne crée donc pas nécessairement la douleur à partir de rien, mais il peut considérablement modifier la manière dont le système nerveux la traite.

Pourquoi le cerveau peut-il amplifier une sensation douloureuse ?

Le cerveau ne reçoit pas passivement les informations provenant du corps.

Il les traite, les compare avec les expériences précédentes et les replace dans leur contexte.

Si une sensation corporelle est associée à un danger important, le système nerveux peut lui accorder davantage d’importance.

Par exemple, une personne qui a déjà vécu une période de douleur intense peut devenir extrêmement attentive à la moindre sensation dans la même région.

Une petite tension musculaire peut alors déclencher une alarme immédiate.

Cette alarme peut augmenter la vigilance, provoquer une tension musculaire supplémentaire et renforcer l’attention portée à la zone douloureuse.

Un cercle vicieux peut ainsi apparaître :

sensation → inquiétude → vigilance → tension/activation du système nerveux → sensation plus intense → inquiétude accrue.

Ce phénomène peut contribuer à la persistance de certaines douleurs.

Le rôle de l’hypervigilance dans les douleurs chroniques

L’hypervigilance corporelle correspond à une attention très importante portée aux sensations physiques.

Lorsqu’on souffre, il est parfaitement naturel de surveiller son corps.

Le problème peut apparaître lorsque cette surveillance devient permanente.

La personne peut commencer à scanner mentalement son corps plusieurs dizaines de fois par jour :

  • « Est-ce que j’ai encore mal ? »
  • « Est-ce que cette sensation est normale ? »
  • « Pourquoi ça brûle ici ? »
  • « Est-ce que cette douleur est plus forte qu’hier ? »
  • « Est-ce que quelque chose est en train de s’aggraver ? »

Cette surveillance constante augmente la quantité d’attention consacrée aux sensations corporelles.

Et plus une sensation est surveillée, plus elle peut devenir perceptible.

Il ne s’agit pas d’un choix conscient.

Une personne souffrant depuis longtemps peut développer cette vigilance sans même s’en rendre compte.

La peur de la douleur peut-elle entretenir la douleur ?

Oui, dans certaines situations.

Lorsqu’une personne interprète chaque douleur comme la preuve d’une nouvelle blessure, elle peut commencer à éviter de nombreux mouvements.

Elle peut limiter ses activités, rester immobile ou éviter certaines positions.

À court terme, cette stratégie peut sembler rassurante.

Mais à long terme, l’évitement peut entraîner une perte de confiance dans le mouvement, une diminution des capacités physiques et une augmentation de la vigilance.

La personne peut alors devenir encore plus sensible à certains mouvements.

C’est pourquoi la prise en charge moderne de certaines douleurs chroniques cherche à réduire progressivement la peur et l’évitement lorsque cela est médicalement approprié.

Quel rapport entre douleur psychosomatique et douleur nociplastique ?

Ces deux notions ne sont pas synonymes.

La douleur nociplastique décrit un type de douleur associé à une altération de la nociception, sans preuve claire qu’une lésion tissulaire ou une lésion du système somatosensoriel explique entièrement la douleur.

La notion de psychosomatique met davantage l’accent sur l’interaction entre les facteurs psychologiques et les manifestations corporelles.

Dans certaines douleurs chroniques, plusieurs mécanismes peuvent coexister.

Une personne peut présenter une ancienne blessure, une sensibilité accrue du système nerveux, un mauvais sommeil, du stress et une forte inquiétude concernant ses symptômes.

Il serait alors artificiel de chercher une seule cause.

Les douleurs chroniques sont souvent le résultat d’une interaction complexe entre facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux.

La douleur psychosomatique est-elle « moins réelle » qu’une douleur liée à une lésion ?

Absolument pas.

La douleur doit être considérée comme une expérience réelle indépendamment de la présence ou non d’une lésion visible.

Imaginez deux personnes souffrant d’une douleur identique.

Chez la première, une anomalie structurelle est facilement visible sur une IRM.

Chez la seconde, aucun élément structurel évident n’explique les symptômes.

La douleur de la deuxième personne n’est pas moins réelle.

La différence réside dans les mécanismes pouvant expliquer les symptômes, pas dans la réalité de l’expérience.

Ne pas trouver de lésion ne signifie pas ne pas trouver de douleur.

Pourquoi certaines douleurs persistent-elles après la guérison d’une blessure ?

C’est une situation particulièrement intéressante.

Lorsqu’un tissu est blessé, le système nerveux augmente sa sensibilité afin de protéger la région concernée.

Cette hypersensibilité est utile pendant la phase de réparation.

Elle encourage notamment la personne à protéger la zone blessée.

Mais après la guérison, le système nerveux ne revient pas nécessairement instantanément à son état initial.

Chez certaines personnes, les mécanismes de protection peuvent continuer à contribuer aux symptômes.

Le cerveau peut également avoir appris à associer certains mouvements ou certaines sensations à une menace.

Une douleur peut alors persister même lorsque la lésion initiale n’est plus présente ou n’explique plus l’intensité actuelle des symptômes.

C’est l’une des raisons pour lesquelles douleur persistante et dommage persistant ne sont pas toujours synonymes.

Comment le cerveau apprend-il à avoir peur d’une sensation ?

Le cerveau apprend en permanence.

Si un mouvement provoque plusieurs fois une douleur intense, il peut progressivement être associé à une menace.

La fois suivante, le simple fait de penser à effectuer ce mouvement peut déclencher de l’appréhension.

La personne peut contracter ses muscles, modifier sa façon de bouger et surveiller la zone concernée.

Cette réaction peut renforcer la sensation.

Le cerveau reçoit alors une confirmation apparente : « Ce mouvement est dangereux. »

Un cercle de peur et d’évitement peut progressivement s’installer.

La rééducation et l’exposition progressive à des mouvements adaptés peuvent parfois contribuer à modifier cette association.

Pourquoi les émotions peuvent-elles provoquer de véritables symptômes physiques ?

Les émotions ne sont pas uniquement des pensées.

Elles s’accompagnent de modifications physiologiques.

Lorsque vous êtes stressé, vous pouvez par exemple sentir votre cœur battre plus rapidement, votre respiration changer ou vos muscles se contracter.

Vous pouvez également avoir des troubles digestifs ou des sensations corporelles inhabituelles.

Ces réactions montrent quelque chose d’important : le cerveau et le corps communiquent constamment.

Il est donc parfaitement possible qu’un état émotionnel influence une expérience physique sans que cela signifie que les symptômes sont imaginaires.

Le stress peut-il provoquer des douleurs musculaires ?

Oui.

Une activation prolongée peut favoriser une tension musculaire accrue.

Chez certaines personnes, cette tension peut contribuer à des douleurs au niveau du cou, des épaules, du dos ou de la mâchoire.

Si elle se prolonge, elle peut également modifier les habitudes de mouvement et augmenter la sensibilité de certaines régions.

Mais là encore, il est important d’éviter une explication unique.

Une douleur musculaire persistante peut avoir de nombreuses causes et doit être interprétée dans son contexte.

Pourquoi la douleur peut-elle augmenter pendant les périodes difficiles ?

Beaucoup de personnes remarquent que leurs symptômes deviennent plus intenses pendant les périodes de stress.

Cela peut sembler mystérieux : si le corps n’a pas subi de nouvelle blessure, pourquoi la douleur augmente-t-elle ?

Parce que l’intensité de la douleur ne dépend pas uniquement de l’état des tissus.

Un système nerveux plus vigilant peut modifier la perception des signaux.

Le sommeil peut également être perturbé.

L’activité physique peut diminuer.

L’attention peut se focaliser davantage sur les symptômes.

Plusieurs facteurs peuvent donc se combiner pour augmenter la douleur sans qu’une nouvelle lésion soit nécessairement apparue.

La douleur psychosomatique signifie-t-elle que tout est psychologique ?

Non.

C’est une autre confusion fréquente.

Dire que des facteurs psychologiques peuvent influencer une douleur ne signifie pas que la douleur est « purement psychologique ».

Le modèle le plus utile est souvent biopsychosocial.

Il considère que la douleur peut être influencée par plusieurs dimensions :

  • Biologique : tissus, nerfs, inflammation, maladies, condition physique et fonctionnement du système nerveux.
  • Psychologique : stress, peur, anxiété, humeur, attention, croyances et expériences antérieures.
  • Sociale : environnement, travail, relations, isolement, contraintes quotidiennes et soutien social.

Ces dimensions interagissent.

Il est donc rarement utile de chercher à opposer « douleur physique » et « douleur psychologique » comme s’il s’agissait de deux catégories totalement séparées.

Que faire lorsque votre douleur est considérée comme psychosomatique ?

La première étape consiste à ne pas interpréter ce terme comme une accusation.

Si une douleur persiste, il est légitime de vouloir comprendre pourquoi.

Une évaluation médicale adaptée permet d’abord de rechercher les causes qui nécessitent une prise en charge spécifique.

Ensuite, si les éléments disponibles suggèrent une participation importante des mécanismes de sensibilisation, du stress, de l’hypervigilance ou d’autres facteurs, ceux-ci peuvent être intégrés au traitement.

Il ne s’agit pas de choisir entre « traiter le corps » et « traiter le cerveau ».

Il s’agit de traiter la personne dans son ensemble.

Quelles approches peuvent aider dans les douleurs chroniques sans lésion évidente ?

La stratégie dépend du diagnostic et de la situation individuelle.

Elle peut inclure plusieurs éléments.

1. Comprendre les mécanismes de la douleur

Comprendre qu’une douleur réelle peut exister sans lésion active peut diminuer certaines interprétations catastrophiques.

Cette compréhension peut permettre de remplacer la pensée « chaque douleur signifie que je me détériore » par une interprétation plus nuancée.

2. Reprendre progressivement une activité

Lorsque cela est médicalement sûr, l’activité progressive peut aider à restaurer la confiance dans le mouvement.

Il ne s’agit pas de forcer malgré une douleur intense, mais de trouver une progression adaptée.

3. Améliorer le sommeil

Un sommeil régulier et suffisamment réparateur peut contribuer à une meilleure régulation de la sensibilité à la douleur.

4. Travailler sur le stress

La relaxation, la respiration lente, la méditation, certaines formes d’activité physique ou un accompagnement psychologique peuvent être utiles selon les besoins de chacun.

5. Réduire progressivement l’hypervigilance

L’objectif n’est pas d’ignorer le corps, mais de ne plus interpréter automatiquement chaque sensation comme un signal de danger.

6. Envisager un accompagnement psychologique lorsque c’est pertinent

Une thérapie adaptée peut aider à travailler sur la peur de la douleur, les comportements d’évitement, le stress ou les pensées catastrophiques.

Consulter un psychologue dans le cadre d’une douleur chronique ne signifie pas que la douleur est imaginaire. Cela peut simplement représenter une composante supplémentaire de la prise en charge.

Pourquoi « tout est dans votre tête » est une mauvaise façon d’expliquer la douleur

Cette phrase peut être extrêmement invalidante.

Elle crée une fausse opposition entre le corps et l’esprit.

Or, le cerveau est précisément l’organe qui participe à l’expérience de la douleur.

Dire qu’un mécanisme implique le cerveau ne signifie donc pas qu’il est imaginaire.

Un infarctus, une fracture ou une infection peuvent produire une douleur, mais l’expérience douloureuse est également traitée par le système nerveux.

De la même manière, certaines douleurs chroniques peuvent être fortement influencées par les mécanismes de traitement du système nerveux sans qu’une lésion continue soit identifiable.

La douleur est toujours réelle pour la personne qui la ressent.

Peut-on réduire une douleur sans supprimer une lésion ?

Oui.

Le traitement de la douleur ne consiste pas toujours à supprimer physiquement une source de douleur.

On peut également agir sur les mécanismes qui augmentent la sensibilité.

C’est particulièrement important dans certaines douleurs chroniques.

Si le système nerveux est devenu hypersensible, réduire cette hypersensibilité peut contribuer à diminuer les symptômes.

De la même manière, améliorer le sommeil, réduire la peur du mouvement et retrouver progressivement une activité peuvent modifier l’expérience douloureuse.

La diminution de la douleur peut donc parfois passer par une modification du fonctionnement du système nerveux plutôt que par la découverte d’une lésion à supprimer.

Comment savoir si une douleur nécessite tout de même une nouvelle consultation ?

Le fait qu’une douleur puisse être influencée par des mécanismes psychosomatiques ne signifie évidemment pas qu’il faut ignorer tout nouveau symptôme.

Une douleur persistante ou inhabituelle mérite une évaluation adaptée.

Il est particulièrement important de consulter lorsqu’une douleur s’accompagne de symptômes nouveaux ou préoccupants, notamment :

  • une faiblesse musculaire nouvelle ou importante ;
  • une perte importante de sensibilité ;
  • des difficultés inhabituelles à marcher ou à coordonner les mouvements ;
  • une douleur brutale et extrêmement intense ;
  • une fièvre persistante associée à une douleur inexpliquée ;
  • une perte de contrôle de la vessie ou des intestins ;
  • un traumatisme important ;
  • ou tout autre symptôme qui vous inquiète particulièrement.

Ces signes ne permettent pas de déterminer une cause précise à eux seuls, mais ils justifient une évaluation médicale.

10 idées essentielles à retenir sur la douleur psychosomatique

  1. Une douleur peut être réelle même lorsqu’aucune lésion évidente n’est retrouvée.
  2. Le terme psychosomatique ne signifie pas « imaginaire ».
  3. Le cerveau participe activement à la perception et à la modulation de la douleur.
  4. Le stress peut augmenter la sensibilité du système nerveux et amplifier certaines douleurs.
  5. La peur et l’hypervigilance peuvent contribuer à maintenir un cercle douloureux chez certaines personnes.
  6. Une douleur n’est pas toujours proportionnelle à l’importance d’une lésion.
  7. Une blessure peut guérir alors que la douleur persiste.
  8. Une IRM ou un autre examen normal ne signifie pas nécessairement que les symptômes ne sont pas réels.
  9. Les douleurs chroniques peuvent impliquer simultanément des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
  10. Comprendre les mécanismes de la douleur peut aider à reprendre progressivement confiance dans son corps.

Questions fréquentes sur la douleur psychosomatique

Une douleur psychosomatique est-elle une vraie douleur ?

Oui. Une douleur influencée par des facteurs psychologiques ou émotionnels est une expérience réelle. Le terme psychosomatique décrit une interaction entre le psychisme et le corps ; il ne signifie pas que la personne simule ou imagine volontairement ses symptômes.

Peut-on avoir mal sans avoir de lésion ?

Oui. La présence d’une lésion et l’intensité de la douleur ne sont pas toujours directement proportionnelles. Le système nerveux et le cerveau participent activement à la perception de la douleur, ce qui permet à une douleur de persister même lorsqu’aucune lésion expliquant les symptômes n’est identifiée.

Pourquoi ai-je mal alors que mon IRM est normale ?

Une IRM permet d’observer certaines structures anatomiques, mais elle ne mesure pas tous les mécanismes impliqués dans la douleur. Une imagerie normale n’annule donc pas la réalité des symptômes.

Le stress peut-il vraiment provoquer des douleurs physiques ?

Oui. Le stress entraîne des modifications physiologiques réelles : activation du système nerveux, augmentation de la vigilance, tension musculaire et changements dans différents systèmes de l’organisme. Chez certaines personnes, ces mécanismes peuvent contribuer à déclencher ou amplifier des douleurs.

Est-ce que la douleur psychosomatique signifie que je suis anxieux ?

Pas nécessairement. Une personne peut présenter une douleur influencée par différents mécanismes sans souffrir d’un trouble anxieux. Le stress et les émotions peuvent influencer la douleur sans constituer l’unique cause des symptômes.

La douleur peut-elle continuer après la guérison d’une blessure ?

Oui. Après une blessure, le système nerveux peut rester sensibilisé et continuer à produire une réponse douloureuse. Cela ne signifie pas automatiquement que le tissu est toujours endommagé.

Est-ce que penser à ma douleur peut l’aggraver ?

L’attention portée à une sensation peut influencer son intensité perçue. Lorsque la personne surveille constamment son corps par peur d’une aggravation, l’hypervigilance peut contribuer à rendre certaines sensations plus présentes. Cela se produit involontairement et ne signifie pas que la personne est responsable de sa douleur.

Peut-on guérir d’une douleur sans lésion visible ?

De nombreuses douleurs peuvent s’améliorer lorsque les différents facteurs qui les entretiennent sont pris en charge. Selon la situation, cela peut inclure une activité progressive, une rééducation, une amélioration du sommeil, un traitement médical, une meilleure compréhension de la douleur et un travail sur la peur ou l’hypervigilance.

Conclusion : une douleur sans lésion visible reste une douleur réelle

La réponse à la question « peut-on réellement avoir mal sans lésion ? » est oui.

La douleur ne doit pas être considérée comme une simple mesure des dommages présents dans les tissus. Elle constitue une expérience complexe dans laquelle interviennent les nerfs, la moelle épinière, le cerveau, les émotions, l’attention, les expériences antérieures et le contexte dans lequel les sensations apparaissent.

Une douleur peut donc persister alors qu’une blessure est guérie. Elle peut également apparaître ou s’intensifier alors qu’aucune lésion évidente n’est visible sur les examens.

Cela ne signifie pas que le cerveau « invente » la douleur.

La douleur est réelle, même lorsque son mécanisme n’est pas visible sur une IRM.

Le terme « psychosomatique » devrait donc être compris comme une invitation à regarder l’interaction entre le corps et le cerveau, et non comme une manière de discréditer les symptômes.

Le stress, la peur, le manque de sommeil ou l’hypervigilance peuvent modifier le fonctionnement du système nerveux et amplifier certaines sensations. De la même manière, les facteurs biologiques et les expériences corporelles peuvent influencer notre état émotionnel.

Tout est connecté.

La bonne question n’est donc pas forcément : « Est-ce physique ou est-ce dans ma tête ? »

Une question beaucoup plus utile est : « Quels mécanismes peuvent aujourd’hui maintenir ma douleur, et sur lesquels pouvons-nous agir ? »

Cette manière de voir les choses peut être particulièrement libératrice pour les personnes qui souffrent depuis longtemps sans comprendre pourquoi leurs examens restent rassurants.

Car l’absence de lésion visible ne signifie pas l’absence de problème. Et surtout, elle ne signifie pas que vous devez simplement apprendre à vivre avec la douleur sans chercher de solution.

Comprendre que le système nerveux peut produire et amplifier une douleur sans dommage permanent permet parfois de passer d’une logique de peur et de surveillance à une logique de compréhension, de réadaptation et de récupération.

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