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Vaincre la Douleur

Apprenez à vaincre la douleur chronique une bonne fois pour toutes

Pourquoi ai-je mal sans cause alors que tout semble normal ?

septembre 24, 2026 by Sylvain Freedom Laisser un commentaire

Pourquoi ai-je mal sans cause alors que tout semble normal ?

Vous avez mal, parfois tous les jours, mais lorsque vous consultez, les résultats semblent rassurants. Les analyses sont normales, l’IRM ne montre rien d’inquiétant, les radiographies ne révèlent pas d’anomalie importante et pourtant, la douleur est toujours là.

Cette situation peut être profondément déstabilisante.

Car une question finit souvent par revenir : « Pourquoi ai-je mal alors que tout semble normal ? »

Et derrière cette question se cache parfois une autre inquiétude : « Est-ce que les médecins ont raté quelque chose ? Est-ce que ma douleur est vraiment physique ? Est-ce que je vais devoir vivre avec cette douleur toute ma vie ? »

Il est important de comprendre une chose dès le départ : un examen normal ne signifie pas que votre douleur est imaginaire.

Les examens médicaux recherchent certaines anomalies précises. Ils sont extrêmement utiles pour identifier de nombreuses maladies et lésions, mais ils ne mesurent pas directement l’intensité de la douleur et ne permettent pas de visualiser tous les mécanismes susceptibles de la provoquer ou de l’entretenir.

La douleur est une expérience complexe qui implique les tissus, les nerfs, la moelle épinière et le cerveau. Elle est également influencée par le sommeil, la fatigue, le stress, l’attention portée au corps, les émotions, les expériences précédentes et le contexte dans lequel les sensations apparaissent.

C’est notamment ce qui permet de comprendre certaines situations de douleur sans cause apparente, de douleur persistante avec examens normaux ou encore de douleurs diffuses qui semblent disproportionnées par rapport aux résultats médicaux.

Dans cet article, nous allons voir pourquoi cela peut arriver, ce que signifie réellement un bilan normal, quel rôle peut jouer le système nerveux et quelles pistes peuvent être envisagées lorsque la cause de la douleur reste difficile à identifier.

« Tout est normal » ne veut pas dire « vous n’avez rien »

Lorsque votre médecin vous annonce que vos examens sont normaux, il est facile d’interpréter cette phrase comme : « Votre corps fonctionne parfaitement et vous ne devriez pas avoir mal. »

Mais ce n’est pas nécessairement ce que cela signifie.

Un examen normal signifie généralement qu’une anomalie recherchée n’a pas été mise en évidence par cet examen, dans les limites de ce qu’il permet d’évaluer.

Une IRM examine certaines structures anatomiques. Une radiographie fournit d’autres informations. Une analyse sanguine recherche certaines modifications biologiques. Un examen neurologique évalue certaines fonctions.

Aucun de ces examens ne constitue un « détecteur universel de douleur ».

Il est donc parfaitement possible qu’une personne ressente une douleur importante alors que les examens destinés à rechercher une lésion ou une maladie particulière sont rassurants.

La douleur et l’anomalie visible sont deux choses différentes.

Cette distinction est fondamentale pour comprendre les douleurs persistantes.

La douleur n’est pas toujours proportionnelle aux dommages dans le corps

Nous avons naturellement tendance à penser que l’intensité de la douleur correspond à la quantité de dommages présents dans l’organisme.

Plus on a mal, plus on imagine que quelque chose est gravement endommagé.

Mais la relation entre douleur et lésion est beaucoup plus complexe.

Une petite blessure peut être extrêmement douloureuse. À l’inverse, certaines anomalies visibles sur une imagerie peuvent ne provoquer aucune douleur.

Pourquoi ?

Parce que la douleur n’est pas simplement un signal envoyé mécaniquement par un tissu endommagé.

Le système nerveux reçoit différentes informations provenant du corps et le cerveau participe à leur interprétation. Cette interprétation dépend du contexte, de l’état du système nerveux et de nombreux autres facteurs.

C’est notamment pour cette raison que deux personnes présentant une anomalie comparable peuvent ressentir des douleurs très différentes.

Et c’est également pourquoi une douleur importante ne prouve pas automatiquement l’existence d’une lésion importante.

Alors, d’où peut venir une douleur sans cause évidente ?

Il n’existe pas une seule explication.

Une douleur persistante malgré des examens rassurants peut avoir plusieurs mécanismes possibles.

Il peut notamment être question :

  • d’une affection qui n’est pas détectée par les examens déjà réalisés ;
  • d’une combinaison de plusieurs facteurs plutôt que d’une cause unique ;
  • d’une irritation ou d’une hypersensibilité du système nerveux ;
  • d’une douleur nociplastique ;
  • d’une sensibilisation du système nerveux ;
  • de troubles du sommeil ou d’une fatigue importante qui augmentent la sensibilité à la douleur ;
  • d’un stress prolongé qui modifie la façon dont les symptômes sont ressentis ;
  • d’une peur du mouvement ou d’une diminution progressive de l’activité physique ;
  • d’une douleur qui persiste alors que le problème initial ayant déclenché les symptômes s’est amélioré.

Ces mécanismes peuvent parfois se combiner.

La difficulté est donc qu’une douleur chronique ne fonctionne pas nécessairement comme une équation simple du type « une cause = un symptôme ».

Le système nerveux peut-il produire une douleur alors qu’aucune lésion n’est visible ?

Oui, certains mécanismes de la douleur permettent de comprendre cette situation.

Le système nerveux n’est pas un simple câble qui transmettrait fidèlement un message entre une partie du corps et le cerveau.

Il possède des mécanismes de modulation qui peuvent augmenter ou diminuer la transmission des informations douloureuses.

Dans certaines douleurs persistantes, le système nerveux peut devenir plus sensible à certaines stimulations.

Une sensation auparavant considérée comme banale peut alors devenir inconfortable.

Un mouvement ordinaire peut sembler douloureux.

Une pression légère peut être ressentie de manière excessive.

Une activité physique qui ne posait aucun problème auparavant peut provoquer une poussée de symptômes.

Cette hypersensibilité ne signifie pas que la douleur est fausse.

Elle signifie que le système qui traite les informations douloureuses peut être devenu plus réactif.

Qu’est-ce que la sensibilisation du système nerveux ?

La sensibilisation est un terme utilisé pour décrire certains changements dans la manière dont le système nerveux répond aux stimulations.

Pour simplifier, imaginez un système d’alarme.

Normalement, il est réglé pour se déclencher lorsqu’une menace suffisamment importante est détectée.

Mais après une longue période de sollicitations, il peut devenir excessivement sensible.

Une stimulation faible peut alors provoquer une réaction beaucoup plus importante.

Dans certaines douleurs chroniques, une partie du problème peut fonctionner de manière comparable.

Le système de protection de la douleur peut devenir plus facilement activé.

Cela peut contribuer à expliquer pourquoi une personne continue à avoir mal alors qu’aucune lésion active importante n’est identifiée.

Il faut toutefois éviter de transformer cette explication en diagnostic automatique. Toutes les douleurs persistantes ne sont pas dues à une sensibilisation, et une évaluation médicale reste importante pour rechercher les causes pertinentes.

La douleur nociplastique : une piste importante lorsque tout semble normal

La notion de douleur nociplastique est particulièrement intéressante lorsqu’une douleur persiste sans preuve suffisante d’une lésion tissulaire expliquant les symptômes ou d’une atteinte nerveuse identifiable.

Dans ce type de douleur, les mécanismes impliqués concernent notamment une modification du traitement des informations nociceptives par le système nerveux.

La douleur peut être localisée ou plus diffuse.

Elle peut varier considérablement d’un jour à l’autre.

Elle peut être influencée par le sommeil, la fatigue, l’activité, le stress ou d’autres facteurs.

Certaines personnes décrivent également une hypersensibilité à différents stimuli.

Encore une fois, cela ne signifie pas que « tout est dans la tête ».

Le fait qu’un mécanisme ne soit pas facilement visible sur une IRM ne le rend pas imaginaire.

Pourquoi une douleur peut-elle commencer après une blessure puis continuer ?

Imaginez que vous vous blessiez au dos en soulevant un objet lourd.

La douleur apparaît immédiatement.

Vous vous reposez.

Vous modifiez vos mouvements.

Après plusieurs semaines, les tissus ont eu le temps de récupérer.

Pourtant, vous ressentez encore des douleurs.

Une nouvelle imagerie ne révèle rien d’inquiétant.

Comment est-ce possible ?

Parce que le facteur qui déclenche une douleur n’est pas nécessairement le même que celui qui la maintient dans le temps.

Au début, la douleur peut avoir été directement liée à une blessure.

Par la suite, d’autres mécanismes peuvent prendre davantage d’importance : hypersensibilité du système nerveux, peur du mouvement, perte de condition physique, sommeil perturbé, attention excessive portée à la zone douloureuse ou combinaison de plusieurs facteurs.

La persistance du symptôme ne prouve donc pas nécessairement que la blessure initiale est toujours présente.

Pourquoi le cerveau joue-t-il un rôle dans la douleur ?

Dire que le cerveau participe à la douleur peut parfois être mal compris.

Certaines personnes entendent immédiatement : « Donc ma douleur est psychologique. »

Ce raisonnement est incorrect.

Le cerveau participe à toutes nos perceptions.

Lorsque vous touchez une surface chaude, votre cerveau contribue à interpréter les informations provenant de votre peau.

Lorsque vous ressentez une pression, une température ou une vibration, votre cerveau intervient également.

La douleur n’est pas différente.

Le cerveau reçoit et traite une multitude d’informations et détermine, avec le reste du système nerveux, la réponse appropriée.

Le rôle du cerveau dans la douleur est donc neurologique et biologique, pas une preuve que la personne invente ses symptômes.

Pourquoi le stress peut-il augmenter une douleur réelle ?

Le stress est souvent présenté comme une cause psychologique de douleur.

Cette vision est trop simpliste.

Le stress peut provoquer des changements physiologiques réels.

Il peut influencer la tension musculaire, le sommeil, l’attention, la fatigue et différents mécanismes impliqués dans la modulation de la douleur.

Vous avez peut-être déjà remarqué que vos symptômes augmentent pendant une période particulièrement difficile.

Vous dormez moins bien.

Vous êtes plus fatigué.

Vous pensez davantage à vos symptômes.

Votre corps semble plus tendu.

Et soudain, la douleur devient plus intense.

Cette aggravation ne signifie pas que la douleur était auparavant imaginaire.

Elle montre simplement que l’intensité de la douleur peut être influencée par l’état général de l’organisme.

Le sommeil peut-il expliquer une partie de vos douleurs ?

Le sommeil est souvent sous-estimé dans les douleurs chroniques.

Pourtant, une mauvaise qualité de sommeil peut avoir des conséquences importantes sur la manière dont le corps gère les sensations douloureuses.

Après une mauvaise nuit, vous pouvez avoir l’impression que tout est plus difficile.

Votre seuil de tolérance diminue.

Vous êtes plus irritable.

Vous avez moins d’énergie.

Vous êtes davantage focalisé sur vos symptômes.

La douleur peut alors sembler plus intense.

Lorsque ce phénomène se répète, un cercle vicieux peut apparaître :

douleur → sommeil perturbé → fatigue → sensibilité accrue → douleur plus importante.

Améliorer le sommeil ne fait évidemment pas disparaître toutes les douleurs, mais cela peut constituer une composante importante d’une prise en charge globale.

Pourquoi la fatigue peut-elle amplifier les symptômes ?

La fatigue ne se limite pas à un manque d’énergie.

Elle peut modifier votre capacité à gérer les sensations inconfortables.

Lorsque vous êtes épuisé, une douleur que vous supportiez relativement bien peut devenir beaucoup plus difficile à tolérer.

Vous pouvez également avoir moins envie de bouger, moins de concentration et davantage tendance à vous focaliser sur ce qui ne va pas.

La fatigue et la douleur peuvent donc se renforcer mutuellement.

C’est particulièrement important lorsque les douleurs sont diffuses et que la personne a l’impression que « tout le corps » devient sensible.

Pourquoi la peur du mouvement peut-elle entretenir la douleur ?

Lorsqu’un mouvement fait mal, la réaction naturelle consiste souvent à l’éviter.

Au départ, cette stratégie peut sembler parfaitement logique.

Vous voulez protéger votre corps.

Mais lorsque la peur du mouvement devient importante et s’installe pendant des mois, elle peut avoir des conséquences.

Vous bougez moins.

Certains muscles perdent progressivement en capacité.

Votre condition physique diminue.

Des activités ordinaires deviennent plus fatigantes.

Vous devenez encore plus prudent.

Le mouvement semble alors encore plus menaçant.

Un cercle peut se créer :

douleur → peur → évitement → diminution de l’activité → perte de confiance → sensibilité accrue au mouvement → douleur.

Lorsque cela est médicalement approprié, une reprise progressive et adaptée des activités peut aider à sortir de ce cercle.

Pourquoi l’attention portée à la douleur peut-elle la rendre plus présente ?

Imaginez que vous achetiez une voiture d’une couleur particulière.

Avant cet achat, vous ne remarquiez presque jamais cette couleur dans la rue.

Après l’achat, vous avez soudain l’impression de voir des voitures similaires partout.

Les voitures étaient déjà présentes.

Mais votre cerveau y prête désormais davantage attention.

Quelque chose de comparable peut se produire avec les sensations corporelles.

Lorsque vous êtes inquiet à propos de votre santé, vous pouvez commencer à surveiller votre corps beaucoup plus attentivement.

Vous remarquez chaque tension.

Chaque picotement.

Chaque tiraillement.

Chaque variation de température.

La sensation n’est pas forcément nouvelle.

Mais elle devient beaucoup plus importante dans votre champ d’attention.

Plus vous recherchez une sensation, plus vous avez de chances de la remarquer.

Cela ne signifie pas qu’il faut ignorer ses symptômes. Il s’agit plutôt d’éviter que la surveillance permanente du corps devienne elle-même une source d’inquiétude.

Pourquoi les douleurs peuvent-elles se déplacer ou devenir diffuses ?

Certaines personnes constatent qu’une douleur qui était initialement localisée finit par apparaître dans plusieurs régions du corps.

Cette évolution peut être très inquiétante.

On peut rapidement penser : « Si j’ai mal à plusieurs endroits, c’est forcément que quelque chose se propage. »

Mais ce n’est pas nécessairement le cas.

Les douleurs diffuses peuvent avoir de nombreuses causes, et certaines impliquent une augmentation de la sensibilité du système nerveux.

Dans certaines conditions, la douleur devient moins strictement liée à une zone anatomique unique.

La personne peut alors ressentir :

  • des douleurs musculaires diffuses ;
  • des douleurs articulaires sans anomalie importante à l’imagerie ;
  • des brûlures ou picotements ;
  • une sensibilité au toucher ;
  • une sensation de corps endolori ;
  • des symptômes variables d’une journée à l’autre.

Ces symptômes méritent d’être évalués médicalement, mais leur caractère diffus ne signifie pas automatiquement qu’une maladie grave est en train de se développer.

Pourquoi les examens médicaux peuvent-ils être rassurants malgré une douleur importante ?

Il existe une différence essentielle entre ce qu’un examen peut mesurer et ce que vous ressentez.

Une IRM peut montrer la structure d’un tissu.

Une analyse peut révéler certaines anomalies biologiques.

Une radiographie peut mettre en évidence certaines modifications osseuses.

Mais la douleur est une expérience.

Elle ne peut pas être réduite à une seule image ou à une seule valeur biologique.

C’est pourquoi les examens médicaux et l’écoute du patient doivent être considérés comme deux sources d’informations complémentaires.

Votre douleur constitue une information clinique à part entière.

Faut-il continuer à chercher une cause cachée ?

Cette question dépend évidemment de la situation.

Une douleur nouvelle ou inexpliquée mérite une évaluation médicale adaptée. Si les symptômes changent ou si de nouveaux signes apparaissent, une nouvelle consultation peut être nécessaire.

Mais lorsque les examens appropriés ont déjà été réalisés et qu’aucun élément préoccupant n’est retrouvé, il peut être utile de changer de perspective.

Au lieu de chercher uniquement « ce qui est cassé », on peut également chercher « ce qui entretient la douleur ».

Cette différence est fondamentale.

Car même si le déclencheur initial n’est plus présent, certains mécanismes peuvent continuer à maintenir les symptômes.

Que faire lorsque l’on a mal sans cause identifiable ?

La première étape consiste à ne pas opposer systématiquement médecine et mécanismes du système nerveux.

Les deux peuvent être nécessaires.

Une approche raisonnable peut inclure plusieurs axes.

Faire le point avec un professionnel de santé

La persistance d’une douleur mérite d’être prise au sérieux.

Votre médecin peut analyser l’histoire des symptômes, leur évolution, les facteurs déclenchants et les examens déjà réalisés afin de déterminer s’il faut poursuivre les investigations.

Comprendre les mécanismes de la douleur

Comprendre pourquoi une douleur peut persister malgré des examens normaux peut déjà modifier la manière dont vous interprétez chaque nouvelle sensation.

La douleur n’est pas toujours synonyme de dommage.

Une poussée douloureuse ne signifie pas forcément qu’une nouvelle lésion est apparue.

Maintenir ou reprendre progressivement l’activité

Lorsque votre état le permet, rester progressivement actif peut contribuer à préserver la force, la mobilité et la confiance dans le corps.

La progression doit être adaptée à votre situation et, lorsque cela est nécessaire, encadrée par un professionnel.

Travailler sur le sommeil

Si votre sommeil est perturbé, il peut être pertinent d’en rechercher les causes et d’améliorer progressivement vos habitudes de sommeil.

Réduire la peur associée aux sensations

Une sensation corporelle ne représente pas automatiquement un danger.

Apprendre à distinguer une sensation désagréable d’un véritable signal d’alarme peut aider certaines personnes à réduire la peur du mouvement et l’hypervigilance.

Adopter une approche globale

Les douleurs persistantes sont souvent plus complexes qu’un simple problème local.

Le sommeil, l’activité physique, la fatigue, le stress, les habitudes quotidiennes, les émotions et le fonctionnement du système nerveux peuvent tous intervenir.

Une prise en charge globale permet donc de ne pas dépendre uniquement d’un traitement destiné à supprimer la sensation douloureuse.

Et si la douleur était réelle sans être dangereuse ?

C’est peut-être l’une des idées les plus importantes à retenir.

Nous avons souvent tendance à penser qu’il n’existe que deux possibilités :

  • soit la douleur est provoquée par une lésion grave ;
  • soit elle est imaginaire.

Mais cette vision est beaucoup trop simpliste.

Il existe une troisième possibilité :

une douleur réelle, parfois intense, qui n’est pas nécessairement le reflet d’un dommage progressif ou dangereux.

Cette distinction peut être difficile à accepter lorsque la douleur est importante.

Mais elle peut également être libératrice.

Car si la douleur ne signifie pas systématiquement que votre corps est en train de se détériorer, vous pouvez progressivement apprendre à ne plus interpréter chaque symptôme comme une menace.

Pourquoi une mauvaise journée ne signifie pas forcément une aggravation

Les douleurs chroniques peuvent fluctuer.

Vous pouvez avoir une journée relativement correcte, puis vous réveiller le lendemain avec davantage de douleurs.

Il est alors tentant de conclure :

« Quelque chose s’est aggravé. »

Mais une variation des symptômes peut être influencée par de nombreux facteurs : sommeil, activité de la veille, stress, fatigue, rythme de vie, attention portée aux symptômes et autres éléments.

Une augmentation temporaire de la douleur ne constitue donc pas automatiquement la preuve d’une nouvelle lésion.

Apprendre à observer les tendances plutôt qu’une seule journée peut être beaucoup plus utile.

Quand faut-il malgré tout consulter rapidement ?

Des examens précédemment normaux ne doivent pas conduire à ignorer l’apparition de nouveaux symptômes importants.

Il est recommandé de consulter un professionnel de santé lorsque la douleur est nouvelle, très intense, s’aggrave nettement ou s’accompagne de signes inhabituels.

Une attention particulière est notamment nécessaire en cas de faiblesse nouvelle ou importante, de troubles neurologiques, de fièvre persistante, de perte de poids inexpliquée, d’altération importante de l’état général, de gonflement inhabituel ou de tout symptôme préoccupant.

Seul un professionnel connaissant votre situation peut déterminer si une nouvelle investigation est nécessaire.

FAQ : pourquoi ai-je mal sans cause alors que tout semble normal ?

Pourquoi ai-je mal alors que mes analyses sont normales ?

Des analyses normales signifient qu’elles n’ont pas mis en évidence certaines anomalies recherchées. Elles ne permettent pas d’exclure tous les mécanismes possibles de douleur. Le système nerveux, le sommeil, la fatigue et d’autres facteurs peuvent notamment influencer l’expérience douloureuse.

Une douleur sans cause visible est-elle psychologique ?

Pas nécessairement. Une douleur peut être réelle même lorsqu’aucune lésion visible ne permet de l’expliquer. Les facteurs psychologiques peuvent influencer la douleur sans pour autant signifier que celle-ci est imaginaire ou uniquement psychologique.

Pourquoi ai-je mal partout alors que les examens sont normaux ?

Les douleurs généralisées peuvent avoir différentes origines. Lorsqu’aucune cause suffisante n’est identifiée, certains mécanismes impliquant une hypersensibilité du système nerveux ou une douleur nociplastique peuvent être envisagés, parmi d’autres possibilités.

Une IRM normale signifie-t-elle que je n’ai rien ?

Une IRM normale signifie surtout qu’elle n’a pas montré certaines anomalies recherchées. Elle ne permet pas de mesurer directement la douleur et ne détecte pas tous les mécanismes susceptibles de contribuer à des symptômes persistants.

Le cerveau peut-il vraiment provoquer une douleur physique ?

Le cerveau participe normalement au traitement de la douleur. Certains changements dans le fonctionnement du système nerveux peuvent contribuer à une sensibilité douloureuse accrue. Cela ne signifie pas que la douleur est inventée ou imaginaire.

Pourquoi ma douleur augmente-t-elle lorsque je suis stressé ?

Le stress peut modifier différents mécanismes physiologiques liés à la douleur et influencer notamment le sommeil, la tension musculaire, l’attention et la sensibilité. Une aggravation pendant une période stressante ne signifie donc pas forcément qu’une nouvelle lésion est apparue.

Est-il possible d’avoir mal sans avoir de blessure ?

Oui. La douleur n’est pas toujours associée à une lésion identifiable. Certains mécanismes du système nerveux peuvent contribuer à maintenir une douleur ou à augmenter la sensibilité même lorsqu’aucune blessure active n’est retrouvée.

Conclusion : avoir mal alors que tout semble normal est possible

Pourquoi ai-je mal sans cause alors que tout semble normal ?

La réponse n’est pas toujours simple, mais elle commence par une distinction essentielle : absence d’anomalie visible ne signifie pas absence de douleur.

Votre corps peut produire des sensations douloureuses sans qu’une lésion suffisamment importante soit visible sur les examens réalisés.

Le système nerveux peut modifier la manière dont les informations sensorielles sont traitées. Dans certaines situations, une sensibilisation peut contribuer à augmenter la sensibilité. La douleur nociplastique constitue également un mécanisme possible lorsque la douleur ne s’explique pas suffisamment par une lésion tissulaire ou une atteinte nerveuse identifiable.

Le sommeil, la fatigue, le stress, la peur du mouvement et l’hypervigilance peuvent également influencer l’intensité des symptômes.

Cela ne signifie pas que votre douleur est « dans votre tête ».

Cela signifie que la douleur est une expérience complexe qui implique l’ensemble du système nerveux et pas uniquement la zone qui fait mal.

Lorsque les examens sont rassurants, il peut donc être utile de ne pas rester enfermé dans la recherche permanente d’une lésion cachée. Après une évaluation médicale appropriée, une autre question peut devenir particulièrement intéressante :

« Qu’est-ce qui pourrait entretenir ma douleur aujourd’hui, et que puis-je faire pour modifier progressivement ces mécanismes ? »

Cette perspective ne remplace pas le suivi médical. Elle permet simplement d’élargir la manière de comprendre les douleurs persistantes.

Et surtout, elle rappelle quelque chose d’essentiel : vous n’avez pas besoin qu’une IRM montre une anomalie pour que votre douleur soit réelle.

Une douleur inexpliquée mérite d’être écoutée, évaluée et comprise. Mais elle ne doit pas automatiquement être interprétée comme la preuve que votre corps est en train de se détériorer.

Parfois, comprendre que douleur et dommage ne sont pas toujours synonymes constitue justement le premier pas vers une relation différente avec ses symptômes et, pour certaines personnes, vers une amélioration progressive de leur qualité de vie.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation, un diagnostic ou un traitement médical personnalisé. Une douleur persistante, nouvelle, sévère ou accompagnée de symptômes inhabituels doit être évaluée par un professionnel de santé.

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