Se remettre d’un traumatisme psychologique est possible, mais cela ne signifie pas forcément oublier ce qui s’est passé ou faire disparaître le souvenir. Après une expérience profondément éprouvante, il est fréquent de continuer à ressentir de la peur, de l’anxiété, de la colère, de la tristesse, une grande fatigue ou l’impression d’être constamment sur ses gardes. Parfois, ces réactions persistent longtemps après que le danger a disparu.
Et c’est justement ce qui peut être déconcertant : extérieurement, tout semble être revenu à la normale, mais intérieurement, quelque chose continue de réagir comme si l’événement était encore présent.
Alors, comment se remettre d’un traumatisme psychologique ? Faut-il en parler ? Revenir sur le passé ? Apprendre à gérer ses émotions ? Peut-on réellement retrouver un sentiment de sécurité et vivre normalement après un traumatisme ?
La bonne nouvelle est qu’un traumatisme psychologique n’a pas besoin de définir toute votre vie. Avec le temps, un accompagnement adapté et un travail progressif sur les réactions qui se sont installées, il est possible de retrouver davantage de calme, de confiance et de liberté.
Comprendre ce qui se passe après un traumatisme psychologique
Avant de chercher à aller mieux, il est utile de comprendre pourquoi un événement passé peut continuer à avoir autant d’influence sur le présent.
Un traumatisme psychologique peut survenir lorsqu’une personne vit ou est confrontée à une situation qui dépasse ses capacités habituelles d’adaptation. Il peut s’agir d’une agression, d’un accident, d’un deuil particulièrement difficile, de violences, d’une relation destructrice, d’un événement médical, d’une catastrophe ou encore d’expériences répétées pendant l’enfance.
Mais il n’existe pas une seule manière de vivre un traumatisme. Deux personnes peuvent traverser une situation similaire et développer des réactions complètement différentes.
Ce qui compte notamment, c’est la manière dont l’événement a été vécu, le sentiment de danger, l’absence de contrôle, les ressources disponibles au moment des faits et ce qui s’est passé après.
Après un traumatisme, le cerveau et le corps peuvent rester particulièrement sensibles aux signes de menace. Une personne peut alors devenir plus vigilante, analyser davantage son environnement, anticiper les problèmes ou réagir fortement à certaines situations.
Ce mécanisme n’est pas forcément un dysfonctionnement. Il peut être compris comme une tentative de protection.
Le problème apparaît lorsque cette protection continue à fonctionner alors que la situation dangereuse appartient désormais au passé.
Vous pouvez alors vous retrouver à éviter certaines situations, à avoir du mal à faire confiance, à sursauter facilement, à ressentir une anxiété difficile à expliquer ou à avoir besoin de contrôler énormément de choses pour vous sentir en sécurité.
Se remettre d’un traumatisme psychologique consiste donc moins à effacer le passé qu’à permettre progressivement au présent de redevenir un endroit dans lequel vous pouvez vous sentir en sécurité.
Pourquoi un traumatisme psychologique peut-il continuer à faire souffrir des années plus tard ?
Une question revient souvent : « Pourquoi est-ce que je ressens encore tout cela alors que l’événement s’est produit il y a des années ? »
La réponse n’est pas toujours simple.
Une expérience difficile peut laisser certaines associations émotionnelles très fortes. Une situation actuelle peut alors rappeler, parfois de manière inconsciente, une sensation vécue dans le passé.
Par exemple, une personne qui a vécu beaucoup d’instabilité peut être particulièrement sensible aux changements de comportement de son entourage. Un simple silence peut être interprété comme un signe de rejet. Une critique peut provoquer une réaction émotionnelle très importante. Une séparation temporaire peut réveiller une peur intense de perdre l’autre.
Le présent n’est pourtant pas nécessairement dangereux.
Mais quelque chose dans la situation actuelle peut rappeler au système de protection une expérience ancienne.
C’est pour cette raison qu’une réaction peut parfois sembler disproportionnée par rapport à ce qui vient de se produire.
Vous pouvez vous dire rationnellement : « Je sais que ce n’est pas grave », tout en ressentant intérieurement une énorme tension.
Cette différence entre ce que vous comprenez intellectuellement et ce que vous ressentez émotionnellement peut être très déroutante.
Les signes qui montrent qu’un traumatisme psychologique vous affecte encore
Il n’est pas nécessaire de ressentir tous les symptômes pour qu’un traumatisme continue à avoir une influence sur votre quotidien.
Certaines personnes ressentent surtout de l’anxiété. D’autres deviennent très méfiantes. Certaines ont davantage de difficultés dans leurs relations. D’autres ressentent principalement une fatigue psychologique ou ont tendance à éviter tout ce qui pourrait leur rappeler une période douloureuse.
Voici quelques manifestations fréquentes.
- Hypervigilance : vous avez constamment besoin de surveiller ce qui se passe autour de vous.
- Anxiété : vous ressentez facilement une inquiétude ou une tension intérieure.
- Évitement : vous fuyez certaines personnes, situations, conversations ou émotions.
- Réactions émotionnelles très fortes : certaines situations banales déclenchent une réaction intense.
- Problèmes de confiance : vous avez beaucoup de mal à vous sentir réellement en sécurité avec les autres.
- Peur du rejet ou de l’abandon : vous craignez régulièrement de perdre les personnes auxquelles vous tenez.
- Besoin de contrôle : vous cherchez à prévoir tous les scénarios possibles pour éviter les mauvaises surprises.
- Difficulté à exprimer vos émotions : vous avez appris à garder beaucoup de choses pour vous.
- Rumination : votre esprit revient constamment sur certains événements ou cherche à comprendre ce qui s’est passé.
- Fatigue : le fait d’être constamment sur ses gardes peut devenir épuisant.
- Sentiment de déconnexion : vous pouvez parfois avoir l’impression d’être distant de vos émotions ou de votre environnement.
- Sommeil perturbé : certaines personnes ont des difficultés à s’endormir, des réveils fréquents ou un sommeil peu réparateur.
Ces signes peuvent également avoir d’autres causes. Il est donc important de ne pas conclure automatiquement que chaque symptôme physique ou psychologique est provoqué par un traumatisme.
Un symptôme nouveau, important ou persistant mérite notamment d’être évalué avec un professionnel de santé afin d’écarter d’autres causes possibles.
Comment se remettre d’un traumatisme psychologique ?
Il n’existe pas une méthode unique qui fonctionne de la même manière pour tout le monde. La récupération peut dépendre de la nature du traumatisme, de sa durée, de son ancienneté, de votre environnement actuel et de vos ressources personnelles.
Mais certaines grandes étapes peuvent vous aider à comprendre le chemin à parcourir.
1. Reconnaître que quelque chose vous a réellement affecté
La première étape peut sembler évidente, mais elle est souvent difficile.
Beaucoup de personnes minimisent ce qu’elles ont vécu.
« Ce n’était pas si grave. »
« D’autres ont vécu pire. »
« Je devrais être passé à autre chose depuis longtemps. »
« C’est du passé. »
Ces phrases peuvent empêcher de prendre au sérieux ce que vous ressentez.
Pourtant, reconnaître votre souffrance ne signifie pas vous considérer comme une victime pour toujours.
Cela signifie simplement reconnaître que votre expérience a laissé une trace et que certaines réactions actuelles peuvent avoir une histoire.
Vous n’avez pas besoin de comparer votre expérience à celle de quelqu’un d’autre.
La question n’est pas de savoir si votre traumatisme était « suffisamment grave » pour avoir le droit de souffrir.
La question est plutôt : « Est-ce que ce que j’ai vécu continue aujourd’hui à influencer ma manière de penser, de ressentir ou de réagir ? »
2. Comprendre vos réactions plutôt que de vous juger
Après un traumatisme psychologique, certaines réactions peuvent donner l’impression de ne plus être maître de soi.
Vous pouvez devenir anxieux sans comprendre pourquoi. Vous pouvez vous mettre en colère rapidement. Vous pouvez avoir besoin d’être rassuré. Vous pouvez éviter certaines situations alors qu’une partie de vous aimerait les affronter.
La première réaction consiste parfois à se juger.
« Je suis trop sensible. »
« Je suis faible. »
« Je suis paranoïaque. »
« Je ne sais pas gérer mes émotions. »
Mais cette approche ajoute souvent une deuxième souffrance à la première.
Une approche plus constructive consiste à devenir curieux de vos réactions.
Au lieu de vous demander : « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? », vous pouvez commencer à vous demander :
« Qu’est-ce qui déclenche cette réaction chez moi ? »
Cette simple différence de perspective peut être importante.
Votre réaction devient alors quelque chose à comprendre plutôt qu’un défaut de personnalité.
3. Identifier les déclencheurs émotionnels
Un déclencheur émotionnel est une situation, une parole, une attitude ou même une sensation qui provoque une réaction émotionnelle particulièrement forte.
Le déclencheur n’est pas nécessairement dangereux en lui-même.
Il peut simplement rappeler, consciemment ou non, une expérience douloureuse.
Une voix élevée peut rappeler des conflits passés. Le silence d’une personne peut réveiller une peur d’abandon. Une critique peut provoquer une honte importante. Le fait de ne pas avoir de contrôle sur une situation peut créer une anxiété intense.
Observer ces déclencheurs peut vous aider à mieux comprendre vos réactions.
Vous pouvez noter pendant quelques jours :
- ce qui s’est passé juste avant votre réaction ;
- ce que vous avez immédiatement pensé ;
- ce que vous avez ressenti émotionnellement ;
- ce que vous avez ressenti dans votre corps ;
- ce que vous avez eu envie de faire ;
- ce que vous avez finalement fait.
Avec le temps, des schémas peuvent apparaître.
Vous pourriez découvrir que certaines réactions surviennent presque toujours dans les mêmes circonstances.
4. Apprendre à distinguer le passé du présent
C’est une étape particulièrement importante pour se remettre d’un traumatisme psychologique.
Lorsqu’une situation actuelle réveille une ancienne peur, votre réaction peut être influencée par ce qui s’est produit autrefois.
Une question simple peut alors vous aider :
« Est-ce que je réagis uniquement à ce qui se passe maintenant, ou est-ce que quelque chose de mon passé est également activé ? »
Cette question ne signifie pas que votre émotion est injustifiée.
Elle permet simplement de remettre les éléments dans leur contexte.
Imaginez qu’une personne ne réponde pas à votre message pendant plusieurs heures.
Le fait est simple : elle ne répond pas.
Votre esprit peut cependant immédiatement ajouter : « Elle m’en veut », « Elle va me quitter », « J’ai fait quelque chose de mal ».
Si vous avez connu auparavant le rejet, l’abandon ou l’instabilité relationnelle, cette situation peut déclencher une réaction particulièrement forte.
Apprendre à distinguer les faits présents des interprétations liées à votre histoire peut progressivement réduire cette confusion.
5. Reconstruire progressivement un sentiment de sécurité
Après un traumatisme, certaines personnes cherchent à obtenir une sécurité absolue.
Elles veulent être certaines que rien de mauvais ne va arriver.
Le problème est que cette certitude n’existe pas.
Plus vous essayez de contrôler chaque détail pour éliminer toute possibilité de danger, plus votre cerveau peut devenir attentif aux menaces potentielles.
La sécurité psychologique ne consiste donc pas nécessairement à rendre votre vie parfaitement prévisible.
Elle peut plutôt consister à développer progressivement la conviction suivante :
« Même si quelque chose d’imprévu arrive, je serai capable de le gérer. »
C’est une différence fondamentale.
Vous passez progressivement d’une recherche permanente de contrôle à une confiance plus importante dans votre capacité à faire face.
Cela peut se construire par de petites expériences quotidiennes : poser une limite, dire non, exprimer une émotion, demander de l’aide, prendre une décision sans rechercher constamment l’approbation des autres ou affronter progressivement une situation évitée.
6. Ne plus avoir peur de toutes vos émotions
Après une expérience traumatisante, certaines personnes apprennent à couper leurs émotions pour ne plus souffrir.
Elles deviennent très rationnelles, très occupées ou très indépendantes.
Elles peuvent avoir du mal à pleurer, à dire qu’elles sont blessées ou à reconnaître qu’elles ont besoin de soutien.
À court terme, cette stratégie peut donner une impression de contrôle.
Mais lorsqu’une émotion est systématiquement évitée, elle peut continuer à influencer votre comportement d’une autre manière.
Vous pouvez par exemple ne pas reconnaître votre tristesse mais devenir irritable. Vous pouvez ne pas reconnaître votre peur mais chercher constamment à contrôler votre environnement.
L’objectif n’est pas de laisser toutes vos émotions prendre le contrôle.
Il s’agit plutôt d’apprendre à les reconnaître sans être obligé d’agir immédiatement sous leur influence.
Vous pouvez ressentir de la colère sans forcément crier. Ressentir de la peur sans forcément fuir. Ressentir de la tristesse sans conclure que vous êtes faible.
Une émotion est une expérience. Elle n’est pas nécessairement une instruction.
7. Travailler sur les croyances créées par le traumatisme
Une expérience douloureuse peut parfois modifier la manière dont vous percevez le monde et vous-même.
Vous pouvez commencer à croire :
- « Je ne peux faire confiance à personne. »
- « Les gens finissent toujours par partir. »
- « Je dois être parfait pour être aimé. »
- « Si je montre mes émotions, je serai rejeté. »
- « Je dois tout contrôler pour être en sécurité. »
- « Je ne suis pas suffisamment bien. »
- « Je dois toujours être fort. »
Ces croyances peuvent avoir eu une fonction protectrice à une certaine époque.
Mais une croyance utile dans un contexte particulier peut devenir limitante lorsque le contexte change.
Il peut donc être intéressant de les examiner.
Demandez-vous : « Est-ce une vérité absolue ou une conclusion que j’ai tirée à partir de mon expérience ? »
Cette distinction peut ouvrir un espace pour construire progressivement une perception différente de vous-même et des autres.
8. Réapprendre à faire confiance progressivement
Lorsqu’une personne a été blessée par quelqu’un, la confiance peut devenir particulièrement difficile.
Vous pouvez chercher des signes de danger dans les comportements des autres, analyser leurs paroles ou vous attendre à être déçu.
Il serait pourtant irréaliste de chercher à faire confiance à tout le monde.
Le but est plutôt de développer une confiance plus nuancée.
Tout le monde n’est pas digne de confiance, mais tout le monde n’est pas dangereux non plus.
Vous pouvez apprendre à observer les comportements réels d’une personne plutôt que de laisser automatiquement votre passé décider à sa place.
La confiance peut également être progressive.
Vous n’avez pas besoin de raconter toute votre histoire à quelqu’un immédiatement. Vous pouvez partager une petite chose, observer sa réaction, puis décider progressivement jusqu’où vous souhaitez aller.
9. Sortir progressivement de l’évitement
L’évitement peut sembler extrêmement efficace.
Vous avez peur d’une situation ? Vous l’évitez.
Vous vous sentez mal dans une conversation ? Vous quittez la discussion.
Une personne vous rappelle une expérience douloureuse ? Vous coupez immédiatement le contact.
Vous ressentez une émotion inconfortable ? Vous vous occupez immédiatement pour ne plus y penser.
Le problème est que l’évitement peut renforcer l’idée que la situation était effectivement trop dangereuse pour être affrontée.
Pour cette raison, la récupération implique souvent de retrouver progressivement de la flexibilité.
Mais cela ne signifie surtout pas de vous forcer brutalement à revivre ce qui vous fait peur.
Une exposition trop rapide ou mal accompagnée peut être extrêmement difficile.
Lorsque l’évitement est important, un professionnel formé aux traumatismes peut vous aider à avancer de manière progressive et adaptée.
Faut-il forcément raconter son traumatisme pour guérir ?
Beaucoup de personnes pensent qu’elles doivent absolument raconter chaque détail de leur traumatisme pour pouvoir aller mieux.
Ce n’est pas aussi simple.
Parler de son expérience peut être bénéfique dans certains contextes, notamment avec un professionnel compétent et dans un cadre suffisamment sécurisant.
Mais se remettre d’un traumatisme psychologique ne signifie pas nécessairement raconter son histoire à tout le monde ni revivre mentalement chaque détail.
Vous avez le droit de choisir avec qui vous partagez votre histoire.
Vous n’avez pas non plus besoin de retrouver chaque souvenir de votre enfance pour commencer à aller mieux.
Il est même préférable d’éviter de chercher volontairement à faire émerger des souvenirs dont vous n’avez pas de souvenir clair. La mémoire humaine n’est pas un enregistrement parfait, et essayer de reconstruire certains événements peut créer davantage de confusion.
Le travail peut parfois commencer simplement avec ce que vous observez aujourd’hui : vos réactions, vos peurs, vos comportements d’évitement, vos croyances et vos difficultés relationnelles.
Le rôle d’un professionnel dans la guérison d’un traumatisme psychologique
Vous n’êtes pas obligé de faire ce chemin seul.
Lorsqu’un traumatisme continue à provoquer une souffrance importante, consulter un professionnel de santé mentale peut être une étape particulièrement pertinente.
Différentes approches psychothérapeutiques peuvent être utilisées dans l’accompagnement des traumatismes, selon la situation et les besoins de la personne.
L’objectif n’est pas simplement de parler du passé.
Il peut s’agir de comprendre les réactions actuelles, de réduire l’évitement, de travailler sur certaines croyances, d’améliorer la régulation émotionnelle et de retrouver progressivement un sentiment de sécurité.
Le choix d’un professionnel avec lequel vous vous sentez suffisamment en confiance est également important.
Vous pouvez poser des questions sur son expérience avec les traumatismes psychologiques et sur la manière dont il envisage votre accompagnement.
Si une approche vous donne l’impression d’être constamment submergé sans disposer de suffisamment de ressources pour revenir au calme, il est pertinent d’en parler au professionnel qui vous accompagne.
Peut-on guérir d’un traumatisme psychologique sans oublier le passé ?
Oui.
La guérison ne signifie pas nécessairement que le souvenir disparaît.
Vous pouvez vous souvenir d’un événement douloureux sans ressentir la même intensité émotionnelle qu’auparavant.
Vous pouvez penser à une personne sans ressentir immédiatement la peur.
Vous pouvez parler d’une période difficile sans avoir l’impression d’y être à nouveau.
Vous pouvez également comprendre que ce qui vous est arrivé faisait partie de votre histoire sans que cela devienne votre identité.
Le passé peut rester présent dans votre mémoire sans continuer à diriger toutes vos décisions.
C’est souvent cela, une forme importante de guérison : le souvenir reste, mais son pouvoir diminue.
Combien de temps faut-il pour se remettre d’un traumatisme psychologique ?
Il n’existe pas de délai universel.
Certaines personnes constatent des améliorations relativement rapidement. Pour d’autres, le chemin demande davantage de temps, notamment lorsque le traumatisme est ancien, répété ou associé à d’autres difficultés.
Il est également fréquent que la récupération ne soit pas parfaitement linéaire.
Vous pouvez aller mieux pendant plusieurs semaines puis traverser une période plus difficile.
Cela ne signifie pas nécessairement que vous avez « tout perdu ».
Une situation stressante, une relation, un changement important ou un événement rappelant indirectement le passé peut temporairement réactiver certaines réactions.
Le progrès peut alors consister non pas à ne plus jamais être déclenché, mais à récupérer plus rapidement et à comprendre davantage ce qui se passe.
Les erreurs à éviter lorsqu’on veut se remettre d’un traumatisme psychologique
Vouloir aller mieux est une excellente chose. Mais certaines stratégies peuvent paradoxalement compliquer le processus.
Vouloir tout régler immédiatement
Vous n’avez pas besoin de résoudre toute votre histoire en quelques semaines.
La récupération est souvent plus efficace lorsqu’elle se fait progressivement.
Se forcer à pardonner
Le pardon n’est pas une obligation pour guérir.
Vous pouvez travailler sur votre souffrance sans excuser la personne qui vous a fait du mal.
Se reprocher ses réactions
La honte et l’autocritique excessive peuvent renforcer la souffrance.
Essayez plutôt de comprendre vos réactions avec davantage de bienveillance.
Éviter absolument toute émotion désagréable
Le but n’est pas de ne ressentir que des émotions positives.
La capacité à ressentir une émotion difficile tout en restant capable de choisir votre comportement fait partie d’une bonne régulation émotionnelle.
Attribuer tous les symptômes au traumatisme
Un traumatisme psychologique peut être associé à de nombreuses manifestations, mais il ne faut pas automatiquement attribuer chaque symptôme physique ou psychologique à une expérience passée.
Des problèmes persistants ou inexpliqués doivent être évalués de manière appropriée.
Comment savoir si vous êtes réellement en train de guérir ?
La guérison n’est pas toujours spectaculaire.
Elle peut se manifester par de petites transformations qui passent presque inaperçues.
Vous remarquez peut-être que vous réagissez moins fortement à une critique.
Vous avez moins besoin d’être rassuré.
Vous arrivez à dire non sans ressentir immédiatement une énorme culpabilité.
Vous vous rendez compte qu’une personne ne répond pas à votre message et vous ne partez plus automatiquement dans les scénarios les plus catastrophiques.
Vous pouvez rester seul sans ressentir la même panique.
Vous commencez à identifier vos émotions avant qu’elles deviennent complètement envahissantes.
Vous récupérez plus rapidement après une période de stress.
Vous êtes capable de reconnaître qu’une situation actuelle ressemble à une ancienne expérience sans confondre complètement les deux.
Et surtout, vous commencez à comprendre que vous pouvez ressentir de la peur sans être réellement en danger.
Ce sont des signes importants.
Une approche simple pour commencer à avancer dès maintenant
Si vous ne savez pas par où commencer, ne cherchez pas nécessairement à résoudre tout votre traumatisme psychologique d’un seul coup.
Commencez par observer.
Pendant quelques jours, lorsque vous ressentez une réaction émotionnelle importante, prenez quelques instants pour vous poser cinq questions :
- Qu’est-ce qui vient de se passer ?
- Qu’est-ce que je ressens exactement ?
- Qu’est-ce que je suis en train de penser ?
- Est-ce que cette réaction appartient uniquement au présent ?
- De quoi ai-je besoin maintenant pour me sentir un peu plus en sécurité ?
Il ne s’agit pas de tout analyser pendant une heure.
Quelques minutes peuvent suffire.
Avec la répétition, vous pouvez commencer à repérer les mécanismes qui se déclenchent automatiquement.
Et plus vous comprenez ces mécanismes, plus vous pouvez progressivement créer un espace entre le déclencheur et votre réaction.
Cet espace est précieux.
C’est là que vous pouvez commencer à choisir votre réponse au lieu de simplement subir une réaction automatique.
Quand faut-il demander de l’aide ?
Vous devriez envisager de consulter un professionnel lorsque les conséquences du traumatisme prennent une place importante dans votre vie ou vous empêchent de fonctionner normalement.
C’est notamment le cas si vous souffrez d’une anxiété importante, de souvenirs intrusifs, de cauchemars, d’un évitement très marqué, de difficultés relationnelles importantes, d’une grande détresse émotionnelle, de problèmes persistants de sommeil ou d’une sensation constante d’insécurité.
Il est également important de demander rapidement de l’aide si vous vous sentez en danger, si vous avez des pensées suicidaires ou si vous avez peur de pouvoir vous faire du mal ou de faire du mal à quelqu’un. Dans ce cas, contactez immédiatement les services d’urgence de votre pays ou un professionnel capable de vous aider sans attendre.
Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse.
Parfois, certaines blessures sont beaucoup plus faciles à traverser lorsqu’on n’a pas à porter seul tout leur poids.
Se remettre d’un traumatisme psychologique : ce qu’il faut retenir
Comment se remettre d’un traumatisme psychologique ? Il n’existe pas de bouton permettant d’effacer le passé. Mais il est possible de travailler progressivement sur les réactions, les peurs, les croyances et les mécanismes de protection qui continuent à influencer votre présent.
Vous pouvez commencer par reconnaître ce que vous avez vécu, comprendre vos réactions, identifier vos déclencheurs et apprendre à distinguer le danger actuel des souvenirs émotionnels du passé.
Vous pouvez également reconstruire progressivement votre sentiment de sécurité, apprendre à accueillir vos émotions sans les laisser diriger automatiquement votre comportement, retrouver confiance en vous et développer des relations plus équilibrées.
Et surtout, vous n’avez pas besoin de devenir une personne complètement différente pour aller mieux.
Le véritable objectif n’est pas de ne plus jamais avoir peur, de ne plus jamais être triste ou de ne plus jamais être touché par votre passé.
L’objectif est de retrouver suffisamment de liberté pour que votre histoire ne décide plus à votre place.
Un traumatisme psychologique peut avoir profondément marqué votre vie. Mais ce qui s’est produit dans le passé ne détermine pas nécessairement ce que vous vivrez demain.
Petit à petit, il est possible de reconstruire une relation différente avec vos émotions, avec les autres et surtout avec vous-même.
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