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Vaincre la Douleur

Apprenez à vaincre la douleur chronique une bonne fois pour toutes

Comment libérer les émotions refoulées ?

octobre 3, 2026 by Sylvain Freedom Laisser un commentaire

Vous arrive-t-il de sentir que quelque chose reste bloqué à l’intérieur de vous sans vraiment savoir quoi ? Vous êtes peut-être souvent tendu, irritable, anxieux, fatigué ou à fleur de peau. Pourtant, lorsque quelqu’un vous demande ce qui ne va pas, vous répondez simplement : « Rien, ça va. »

Il est également possible que vous ayez appris à ne pas montrer votre colère, à retenir vos larmes, à minimiser votre tristesse ou à continuer d’avancer même lorsque vous êtes profondément épuisé émotionnellement.

Avec le temps, cette habitude peut donner l’impression que certaines émotions sont bloquées ou refoulées.

Alors, comment libérer les émotions refoulées sans se laisser submerger ? Faut-il pleurer ? Parler ? Écrire ? Se mettre en colère ? Faire du sport ? Revenir sur son passé ?

La réponse est plus subtile qu’on pourrait le penser.

Libérer ses émotions ne consiste pas à exploser, à revivre toutes ses blessures ou à forcer une émotion à sortir. Il s’agit plutôt d’apprendre progressivement à reconnaître ce que vous ressentez, accepter vos émotions, leur donner une place et choisir comment y répondre.

Et parfois, ce travail peut permettre de comprendre pourquoi vous ressentez aujourd’hui certaines réactions qui semblent arriver « sans raison ».

Que signifie réellement avoir des émotions refoulées ?

Avant de chercher à libérer des émotions refoulées, il est important de comprendre ce que signifie réellement ce terme.

Une émotion refoulée désigne généralement une émotion que l’on n’a pas reconnue, exprimée ou pleinement accueillie, souvent parce qu’elle semblait trop inconfortable, dangereuse, inappropriée ou difficile à gérer.

Imaginez par exemple que vous soyez profondément blessé par le comportement d’une personne.

Vous ressentez de la colère.

Mais vous vous dites immédiatement :

« Je ne veux pas créer de conflit. »

Vous ravalez votre colère.

Quelques heures plus tard, vous continuez votre journée comme si rien ne s’était passé.

Vous n’avez peut-être même plus conscience d’être en colère.

Mais vous êtes tendu, vous ruminez, vous dormez mal ou vous devenez particulièrement irritable.

Ce n’est pas nécessairement parce que l’émotion est littéralement « stockée » quelque part dans votre corps comme un objet physique. Il est plus juste de parler d’une émotion non reconnue, évitée ou insuffisamment traitée.

Le cerveau peut apprendre à éviter certaines expériences émotionnelles. Et lorsque ce mécanisme devient habituel, vous pouvez finir par avoir du mal à identifier ce que vous ressentez réellement.

C’est notamment ce qui explique pourquoi certaines personnes disent :

« Je sais que quelque chose ne va pas, mais je ne sais pas quoi. »

Ou encore :

« Je ne ressens rien, puis tout d’un coup j’explose. »

Ces situations peuvent être le signe qu’il existe un décalage entre ce que vous vivez intérieurement et ce que vous vous autorisez à reconnaître ou à exprimer.

Pourquoi certaines personnes refoulent-elles leurs émotions ?

On ne décide pas toujours consciemment de réprimer ses émotions.

Très souvent, ce mécanisme s’installe progressivement.

Vous avez peut-être appris très jeune qu’il ne fallait pas pleurer.

Ou qu’il fallait être fort.

Que la colère était mauvaise.

Que parler de ses problèmes était inutile.

Que montrer sa vulnérabilité pouvait attirer les critiques.

Que vos besoins étaient moins importants que ceux des autres.

Dans certains environnements, exprimer une émotion pouvait même provoquer une réaction négative. L’enfant apprend alors progressivement à se protéger en gardant certaines choses pour lui.

Il peut devenir très sage, très autonome, très gentil ou extrêmement adaptable.

Ce qui était autrefois une stratégie de protection peut cependant devenir une habitude à l’âge adulte.

Vous continuez alors à dire « ça va » lorsque vous êtes blessé.

Vous dites « ce n’est pas grave » alors que cela vous affecte profondément.

Vous acceptez une situation qui vous dérange pour éviter le conflit.

Vous vous occupez constamment des autres pour ne pas avoir à regarder vos propres émotions.

Et parfois, vous ne savez même plus clairement ce que vous ressentez.

Quels sont les signes d’émotions refoulées ?

Les émotions refoulées ne se manifestent pas toujours par une explosion émotionnelle.

Au contraire, elles peuvent parfois se cacher derrière des comportements qui semblent parfaitement normaux.

Vous dites souvent que tout va bien

Vous avez appris à répondre automatiquement « ça va ».

Même lorsque vous êtes triste, déçu, en colère ou épuisé, vous avez tendance à minimiser ce qui se passe.

Ce comportement devient parfois tellement automatique que vous ne prenez même plus le temps de vous demander si vous allez réellement bien.

Vous avez du mal à identifier vos émotions

Vous pouvez savoir que vous vous sentez mal sans réussir à déterminer si vous êtes triste, anxieux, en colère, déçu ou simplement épuisé.

Cette difficulté à mettre des mots sur son expérience émotionnelle peut rendre beaucoup plus compliqué le fait de répondre à ses propres besoins.

Vous êtes facilement irritable

La colère est parfois l’émotion qui apparaît lorsque d’autres émotions n’ont pas trouvé de place.

Une personne peut être triste, frustrée ou blessée sans se permettre de ressentir ces émotions et devenir finalement irritable pour des détails.

Cela ne signifie évidemment pas que toute irritabilité est due à des émotions refoulées. Le sommeil, le stress, la fatigue, l’environnement et de nombreux autres facteurs peuvent également jouer un rôle.

Vous accumulez jusqu’au point de rupture

Vous supportez, vous acceptez, vous gardez tout pour vous… jusqu’au moment où quelque chose de relativement petit provoque une réaction énorme.

La personne en face de vous peut alors se demander : « Pourquoi réagis-tu aussi fortement ? »

Mais pour vous, cette réaction ne concerne pas nécessairement uniquement ce qui vient de se produire. Elle peut être la conséquence de nombreuses frustrations accumulées.

Vous avez du mal à pleurer

Certaines personnes sont très tristes mais n’arrivent presque jamais à pleurer.

Elles ont appris à rester solides, à contrôler leur expression émotionnelle ou à se distraire immédiatement lorsqu’une émotion devient trop intense.

Ne pas pleurer ne signifie cependant pas que vous avez nécessairement des émotions refoulées. Certaines personnes expriment simplement leurs émotions autrement.

Vous avez besoin d’être constamment occupé

Travail, téléphone, séries, réseaux sociaux, tâches ménagères, sport, projets…

Être constamment occupé peut parfois permettre d’éviter le silence intérieur.

Lorsque vous ralentissez enfin, certaines pensées ou émotions peuvent remonter.

Vous pouvez alors avoir envie de recommencer immédiatement quelque chose pour ne pas ressentir ce qui se passe à l’intérieur.

Vous avez du mal à dire non

Vous acceptez beaucoup de choses pour ne pas décevoir.

Vous avez peur de déranger.

Vous vous sentez coupable lorsque vous pensez à vos propres besoins.

Vous préférez parfois supporter une situation inconfortable plutôt que d’exprimer votre désaccord.

À long terme, cette accumulation peut alimenter frustration et ressentiment.

Pourquoi vouloir libérer ses émotions ne signifie pas « tout faire sortir »

Il existe une idée très répandue selon laquelle il faudrait simplement « libérer » toutes ses émotions pour aller mieux.

Comme s’il suffisait de pleurer très fort, de crier ou de se défouler pour éliminer définitivement une émotion.

La réalité est beaucoup plus nuancée.

Une émotion n’est pas nécessairement un déchet qu’il faudrait expulser.

Elle peut être une information sur votre expérience.

La colère peut signaler qu’une limite a été dépassée.

La tristesse peut accompagner une perte ou une déception.

La peur peut signaler une menace perçue.

La culpabilité peut vous pousser à réfléchir à un comportement.

La frustration peut indiquer qu’un besoin n’est pas satisfait.

Le but n’est donc pas de supprimer ces émotions.

Le but est de pouvoir les ressentir sans être obligé de les fuir ou de leur obéir automatiquement.

Libérer une émotion peut ainsi signifier lui permettre d’être reconnue et vécue suffisamment pour qu’elle ne soit plus systématiquement évitée.

Comment libérer les émotions refoulées ? 9 étapes pour commencer

1. Commencez par reconnaître ce que vous ressentez

La première étape est étonnamment simple : ralentir suffisamment pour vous demander ce qui se passe réellement.

Pas ce que vous devriez ressentir.

Pas ce que vous pensez avoir le droit de ressentir.

Mais ce qui est effectivement présent.

Vous pouvez vous poser cette question plusieurs fois dans la journée :

« Qu’est-ce que je ressens en ce moment ? »

Vous n’avez pas besoin de trouver le mot parfait.

Vous pouvez commencer par « je me sens mal », « je suis tendu », « quelque chose m’agace » ou « je me sens lourd intérieurement ».

Avec le temps, votre capacité à différencier les émotions peut devenir plus précise.

2. Apprenez à écouter les réactions de votre corps

Les émotions ne sont pas uniquement des pensées.

Elles peuvent également s’accompagner de sensations corporelles.

Vous pouvez ressentir une boule dans la gorge, une tension dans la mâchoire, une pression dans la poitrine, un nœud dans le ventre, des épaules contractées ou une agitation intérieure.

Lorsque vous remarquez une sensation, évitez immédiatement de chercher à la faire disparaître.

Vous pouvez simplement l’observer.

« Ma mâchoire est très tendue. »

« J’ai une sensation de poids dans la poitrine. »

« Mon ventre est contracté. »

Cette observation ne permet pas à elle seule de déterminer la cause d’une sensation physique. De nombreux symptômes corporels ont des causes multiples et doivent être évalués médicalement lorsqu’ils sont nouveaux, importants ou persistants.

Mais l’observation du corps peut vous aider à mieux remarquer vos états émotionnels.

3. Donnez un nom à l’émotion

Une fois que vous avez remarqué votre état, essayez de mettre un mot dessus.

Est-ce de la colère ?

De la peur ?

De la tristesse ?

De la honte ?

De la frustration ?

De la déception ?

De la solitude ?

De l’impuissance ?

Il est possible que plusieurs émotions soient présentes simultanément.

Vous pouvez par exemple être en colère contre quelqu’un tout en étant profondément triste de la situation.

Ou ressentir de la peur derrière une attitude très contrôlante.

Mettre un nom sur l’émotion permet souvent de créer une certaine distance avec elle.

Au lieu de penser « je suis complètement paniqué », vous pouvez commencer à observer : « je remarque que je ressens beaucoup de peur en ce moment ».

4. Arrêtez de juger vos émotions

C’est probablement l’une des étapes les plus importantes.

Vous pouvez ressentir une émotion et immédiatement penser qu’elle est mauvaise.

« Je ne devrais pas être en colère. »

« Je ne devrais pas être jaloux. »

« Je devrais être heureux. »

« Je suis ridicule d’être encore triste. »

Le problème est que vous ajoutez alors une deuxième couche de souffrance.

Vous ressentez une émotion, puis vous vous reprochez de la ressentir.

Essayez plutôt cette approche :

« Cette émotion est là. Je n’ai pas besoin de l’aimer, mais je peux reconnaître qu’elle existe. »

Accepter une émotion ne signifie pas approuver tout ce qu’elle vous pousse à faire.

Vous pouvez accepter votre colère sans agresser quelqu’un.

Vous pouvez accepter votre peur sans fuir systématiquement.

Vous pouvez accepter votre tristesse sans abandonner toutes vos activités.

5. Écrivez ce que vous n’arrivez pas à dire

L’écriture peut être un moyen simple d’explorer votre monde intérieur.

Vous pouvez prendre une feuille et écrire sans chercher à produire quelque chose de beau ou de cohérent.

Commencez simplement par :

« Si je pouvais dire exactement ce que je ressens sans avoir peur du jugement, je dirais… »

Puis laissez venir les mots.

Vous pouvez écrire votre colère, votre tristesse, votre frustration, votre peur ou votre déception.

Vous n’avez pas besoin d’envoyer ce texte à qui que ce soit.

Il peut rester totalement privé.

L’objectif est simplement de vous donner l’autorisation d’exprimer ce que vous avez l’habitude de censurer.

6. Apprenez à exprimer vos besoins

Une émotion contient parfois une information sur un besoin.

Vous êtes peut-être en colère parce qu’une limite a été dépassée.

Vous êtes peut-être triste parce que vous avez besoin de soutien.

Vous êtes peut-être frustré parce que vous avez l’impression de donner énormément sans recevoir en retour.

Vous pouvez donc vous demander :

« De quoi ai-je besoin derrière cette émotion ? »

La réponse peut être très simple.

Du repos.

Du respect.

De l’espace.

Une conversation.

De la reconnaissance.

Une limite.

De la sécurité.

Du temps seul.

De l’aide.

Identifier ce besoin ne signifie pas que les autres doivent automatiquement le satisfaire. Mais cela vous permet de mieux comprendre ce qui se passe en vous.

7. Apprenez à dire non sans culpabiliser systématiquement

Pour certaines personnes, libérer les émotions refoulées passe aussi par une modification de leurs comportements.

Si vous dites constamment oui alors que vous pensez non, vous accumulez potentiellement frustration, fatigue et ressentiment.

Commencez donc petit.

Vous n’avez pas besoin de devenir brutal ou de couper toutes vos relations.

Vous pouvez simplement apprendre à dire :

« Non, je ne peux pas cette fois. »

« J’ai besoin de temps pour réfléchir. »

« Cette situation ne me convient pas. »

« Je préfère que nous en parlions plus tard. »

Poser une limite peut être inconfortable au début, particulièrement si vous avez passé des années à chercher à satisfaire les autres.

Mais l’inconfort ne signifie pas nécessairement que vous faites quelque chose de mauvais.

8. Utilisez le mouvement pour accompagner l’état émotionnel

Lorsque vous êtes stressé ou émotionnellement tendu, votre corps peut bénéficier d’une activité physique adaptée.

Marche, étirements, activité sportive douce, respiration ou mouvements qui vous font du bien peuvent contribuer à diminuer la tension et à vous reconnecter à vos sensations.

Mais il est important de ne pas transformer le mouvement en obligation de « faire sortir » une émotion.

Vous n’avez pas besoin de vous épuiser pour libérer votre colère.

Vous n’avez pas besoin de faire une séance extrêmement intense pour évacuer votre stress.

Le mouvement peut simplement être une manière de revenir progressivement dans votre corps et de diminuer l’agitation.

9. Parlez à quelqu’un avec qui vous vous sentez réellement en sécurité

Les émotions peuvent devenir plus faciles à comprendre lorsqu’elles sont exprimées dans un environnement suffisamment sécurisant.

Il peut s’agir d’une personne de confiance ou d’un professionnel de santé mentale.

Le simple fait de pouvoir dire « je ne vais pas bien » sans être immédiatement jugé peut déjà représenter une étape importante.

Si certaines émotions sont associées à des expériences traumatiques, un accompagnement professionnel peut être particulièrement utile.

Vous n’avez pas besoin de vous forcer à raconter toute votre histoire dès la première conversation.

Le rythme peut être progressif.

Une méthode simple en 5 minutes pour commencer à libérer vos émotions

Si vous souhaitez commencer immédiatement, essayez cet exercice très simple.

Prenez cinq minutes dans un endroit relativement calme.

Fermez les yeux si cela vous convient et respirez normalement.

Puis posez-vous successivement ces cinq questions :

  1. Qu’est-ce qui s’est passé récemment ?
  2. Qu’est-ce que je ressens ?
  3. Où est-ce que je ressens cette émotion ou cette tension dans mon corps ?
  4. Qu’est-ce que cette émotion semble vouloir me signaler ?
  5. De quoi ai-je besoin maintenant ?

Ne cherchez pas nécessairement une grande révélation.

Votre réponse peut être simplement : « Je suis fatigué et j’ai besoin de me reposer. »

Ou : « Je suis en colère parce que je n’ai pas osé dire non. »

Ou encore : « Je suis triste parce que cette situation m’a déçu. »

C’est déjà beaucoup.

Le but de l’exercice n’est pas de faire disparaître immédiatement l’émotion.

Il s’agit de ne plus être complètement coupé de ce que vous ressentez.

Que faire si les émotions refoulées semblent soudainement remonter ?

Il peut arriver qu’en commençant à prêter davantage attention à votre monde intérieur, certaines émotions deviennent plus visibles.

Vous pouvez vous sentir plus triste pendant quelques jours, vous souvenir d’une situation douloureuse ou réaliser que certaines choses vous ont beaucoup plus affecté que vous ne le pensiez.

Cela ne signifie pas nécessairement que vous êtes en train d’échouer.

Mais cela ne signifie pas non plus qu’il faut absolument continuer à creuser toujours plus profondément.

Vous n’avez pas besoin de vous submerger émotionnellement pour guérir.

Si une émotion devient trop intense, revenez au présent.

Regardez autour de vous.

Respirez tranquillement.

Marchez quelques minutes.

Parlez à quelqu’un.

Faites quelque chose de simple qui vous aide à retrouver votre stabilité.

Le travail émotionnel doit idéalement rester dans une zone que vous pouvez tolérer.

Émotions refoulées et traumatisme psychologique : quel lien ?

Les émotions refoulées peuvent parfois être associées à des expériences traumatisantes, particulièrement lorsque la personne n’a pas pu exprimer ce qu’elle ressentait au moment des événements.

Par exemple, une personne ayant vécu une situation de peur intense peut avoir appris à ne plus montrer sa vulnérabilité.

Une personne ayant subi des critiques répétées peut avoir appris à supprimer sa colère.

Une personne ayant vécu du rejet peut avoir appris à ne plus exprimer ses besoins afin de ne pas risquer d’être rejetée à nouveau.

Avec le temps, ces stratégies peuvent devenir automatiques.

Mais il est important de ne pas conclure que toute émotion difficile est nécessairement la conséquence d’un traumatisme.

L’anxiété, la colère, la tristesse, la fatigue émotionnelle et l’irritabilité peuvent avoir de nombreuses causes.

De même, il n’est pas nécessaire d’avoir vécu un traumatisme pour avoir tendance à retenir ses émotions.

Parfois, cela vient simplement d’habitudes apprises au cours de la vie.

Émotions refoulées et symptômes physiques : faut-il s’inquiéter ?

Les émotions et le corps sont étroitement liés. Le stress et les états émotionnels peuvent notamment s’accompagner de modifications corporelles : tension musculaire, accélération du rythme cardiaque, boule dans la gorge, troubles digestifs, agitation ou difficultés à dormir.

Cela peut donner l’impression que « les émotions sont coincées dans le corps ».

Cette expression peut être utile pour décrire une expérience subjective, mais elle ne doit pas être comprise comme une explication médicale automatique de tous les symptômes.

Une douleur persistante, des engourdissements, des vertiges, une faiblesse, des troubles digestifs importants ou tout autre symptôme inhabituel peuvent avoir de nombreuses causes et méritent une évaluation appropriée.

Il est donc important de ne pas remplacer une consultation médicale par une interprétation émotionnelle.

Vous pouvez à la fois explorer votre vie émotionnelle et prendre vos symptômes physiques au sérieux.

Faut-il pleurer pour libérer une émotion refoulée ?

Non.

Pleurer peut être une manière naturelle d’exprimer une émotion, mais ce n’est pas une condition obligatoire pour aller mieux.

Certaines personnes pleurent facilement. D’autres expriment leurs émotions en parlant, en écrivant, en réfléchissant ou en passant du temps seules.

Vous n’avez donc pas besoin de provoquer artificiellement des pleurs.

Si les larmes viennent, vous pouvez leur laisser une place.

Si elles ne viennent pas, cela ne signifie pas que votre émotion est moins réelle.

Faut-il forcément confronter les personnes qui nous ont blessés ?

Pas nécessairement.

Il peut être tentant de penser que pour libérer une émotion refoulée, il faut retourner voir la personne qui vous a fait du mal et lui dire tout ce que vous avez sur le cœur.

Mais ce n’est pas toujours possible, nécessaire ou même souhaitable.

La personne peut ne pas reconnaître ce qu’elle a fait.

Elle peut encore représenter un danger.

La relation peut être terminée.

Ou vous pouvez simplement ne pas vouloir avoir cette conversation.

Votre guérison ne dépend pas nécessairement de la réaction de la personne qui vous a blessé.

Vous pouvez travailler sur vos émotions sans obtenir ses excuses, ses explications ou sa validation.

Pourquoi « tout garder pour soi » peut devenir épuisant

Retenir ses émotions demande parfois beaucoup d’énergie mentale.

Vous devez surveiller ce que vous dites.

Contrôler votre expression.

Faire comme si tout allait bien.

Éviter certaines conversations.

Analyser constamment ce que les autres pourraient penser.

Vous empêcher de dire ce que vous pensez réellement.

À force, vous pouvez ressentir une impression de surcharge.

Et parfois, vous ne savez même plus si vous êtes fatigué à cause de votre vie quotidienne ou parce que vous passez énormément d’énergie à contenir ce qui se passe à l’intérieur.

C’est notamment pour cette raison qu’apprendre à reconnaître vos émotions peut être libérateur.

Vous n’avez plus besoin de passer autant de temps à faire semblant que tout va bien.

Le véritable objectif n’est pas de ne plus ressentir d’émotions

Il existe une autre confusion fréquente.

On peut commencer un travail émotionnel avec l’idée suivante :

« Je veux arrêter d’être anxieux. »

« Je veux ne plus être triste. »

« Je veux éliminer ma colère. »

Mais vouloir supprimer toutes les émotions difficiles peut conduire à une nouvelle forme d’évitement.

La vie émotionnelle humaine comprend nécessairement des moments de joie, de tristesse, de colère, de peur, de frustration, d’amour, de déception et d’incertitude.

La santé émotionnelle ne consiste pas à être heureux en permanence.

Elle consiste davantage à pouvoir ressentir ce qui est là, comprendre ce que cela signifie pour vous et choisir une réponse adaptée.

Vous pouvez être triste et continuer votre journée.

Vous pouvez avoir peur et prendre une décision réfléchie.

Vous pouvez être en colère et poser une limite sans blesser quelqu’un.

Vous pouvez être déçu et accepter progressivement ce qui s’est produit.

C’est cette flexibilité qui peut devenir beaucoup plus précieuse que la recherche d’un état émotionnel parfaitement calme en permanence.

Quand consulter pour des émotions difficiles à gérer ?

Si vos émotions sont particulièrement intenses, si elles perturbent vos relations, votre sommeil, votre travail ou votre vie quotidienne, vous n’avez pas besoin d’attendre qu’elles deviennent insupportables avant de demander de l’aide.

Un psychologue, un psychiatre ou un autre professionnel de santé mentale peut vous aider à comprendre ce qui se passe et à trouver une approche adaptée à votre situation.

Un accompagnement peut être particulièrement pertinent lorsque les émotions semblent liées à un traumatisme, à des événements anciens, à des problèmes relationnels importants ou à des comportements d’évitement très présents.

Et si vous êtes confronté à une détresse psychologique majeure, à des pensées suicidaires ou à la peur de vous faire du mal, il est important de rechercher une aide professionnelle urgente auprès des services d’urgence ou d’un professionnel de santé.

Comment libérer les émotions refoulées sans se faire du mal ?

La meilleure approche n’est généralement pas de forcer l’émotion à sortir.

Elle consiste plutôt à créer suffisamment de sécurité pour pouvoir l’observer.

Vous pouvez commencer doucement.

Reconnaître ce que vous ressentez.

Mettre des mots dessus.

Observer vos sensations.

Écrire.

Parler à une personne de confiance.

Exprimer vos besoins.

Poser progressivement des limites.

Et, lorsque cela est nécessaire, vous faire accompagner.

Il n’est pas nécessaire de tout comprendre aujourd’hui.

Vous n’avez pas besoin de retrouver l’origine exacte de chaque émotion.

Vous n’avez pas besoin de revivre toutes vos expériences douloureuses.

Vous pouvez commencer par quelque chose de beaucoup plus simple :

arrêter de vous dire automatiquement que vous allez bien lorsque ce n’est pas le cas.

Conclusion : apprendre à ressentir plutôt qu’à tout retenir

Comment libérer les émotions refoulées ? La réponse ne consiste pas à faire exploser tout ce qui a été retenu pendant des années. Elle consiste à développer progressivement une relation différente avec votre monde intérieur.

Une émotion qui apparaît n’est pas nécessairement un problème à éliminer.

Elle peut être une information.

La colère peut vous montrer qu’une limite a été dépassée. La tristesse peut révéler une perte ou une déception. La peur peut signaler que vous vous sentez menacé. La frustration peut vous indiquer qu’un besoin important n’est pas satisfait.

Lorsque vous avez l’habitude de réprimer vos émotions, vous pouvez avoir l’impression que votre seul choix est soit de tout retenir, soit de tout laisser exploser.

Mais il existe une troisième possibilité.

Vous pouvez apprendre à ressentir sans être submergé, à exprimer sans agresser et à écouter vos émotions sans leur laisser automatiquement décider de vos actions.

C’est souvent là que commence une relation beaucoup plus saine avec soi-même.

Et peut-être que la question la plus utile à vous poser aujourd’hui n’est finalement pas : « Comment faire disparaître mes émotions ? »

Mais plutôt :

« Qu’est-ce que j’essaie de ne plus ressentir, et de quoi aurais-je besoin pour pouvoir enfin l’écouter sans en avoir peur ? »

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